Un appel lancé par le "Mouvement pour les droits fondamentaux" pour que les élèves puissent porter le foulard à l'école s'est concentré jeudi matin sur l'athénée royal Andrée Thomas à Forest, où une cinquantaine de personnes se sont rassemblées. Une vingtaine de jeunes filles voilées et d'autres garçons et filles se sont regroupés, sans qu'aucun incident n'ait été signalé.

Vers 10 heures, les jeunes filles voilées ont essayé de rentrer dans l'établissement sans succès. Elles ont cependant pu transmettre leurs revendications au préfet de l'établissement.

"En ce début de rentrée scolaire, nous voulons que l'arrêté proposé en 2009 par 'neutralité.be' soit rediscuté", a expliqué Samira, membre du MDF. Ce texte propose d'encadrer juridiquement l'autorisation de porter le voile à l'école. Les manifestants ont réclamé de la ministre de l'Enseignement obligatoire Marie-Dominique Simonet "qu'elle se positionne". A leurs yeux, le règlement de l'athénée forestois interdisant le port du voile entre en désaccord avec la convention des droits de l'homme.

En 2007, année de l'interdiction du port du voile dans cet établissement, l'athénée dénombrait le plus grand nombre de filles voilées en Belgique, soit 136 sur 370, a rappelé le préfet Marc Evrard. Il assure que les revendications seront transmises à la ministre.

Cette dernière souhaite que le débat soit mené, et dans la sérénité, rappelle-t-on à son cabinet. Marie-Dominique Simonet (cdH) est favorable à une interdiction jusqu'à la fin du second degré du secondaire (4e année). Après, vu que des élèves majeures fréquentent le troisième degré, chaque établissement serait libre d'interdire ou d'autoriser.

Au MR, qui réclame l'interdiction du voile à l'école notamment, le bourgmestre d'Etterbeek Vincent De Wolf a jugé bon, en réaction à l'appel du MDF, de prendre un arrêté de police rappelant l'interdiction du port de signes convictionnels ostentatoires dans l'école publique. Il considère qu'inciter les élèves à porter le voile dans le cadre d'un mouvement médiatisé peut conduire à troubler l'ordre public.

Les FDF, par la voix du chef de groupe au parlement bruxellois Didier Gosuin, se sont eux aussi aussi opposés à l'appel du MDF en soulignant "l'impératif de laïcité qui doit s'imposer à l'école publique". M. Gosuin a déploré le blocage du dossier au sein de l'Olivier (PS-cdH-Ecolo) et jugé que l'absence de législation faisait peser tout le poids des tensions sur les directions d'écoles.

A l'exception de l'athénée forestois, aucun cas de manifestants ayant répondu à l'appel du MDF n'a été signalé auprès des réseaux de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de l'officiel subventionné (CPEONS) et du catholique (SeGEC).