On l’aura compris, un virus ne connaît pas de frontière. Par la voix de son ministre de la Santé Alain Maron (Écolo) - en sa qualité de membre francophone du collège réuni de la Cocom, institution dite bicommunautaire qui règle les matières communes aux deux communautés de la capitale -, la Région bruxelloise se dit prête "autant que possible" à affronter l’épidémie virale. 

"Toutes les procédures qui sont mises en place à Bruxelles sont concertées avec le niveau fédéral", a-t-il martelé, mardi matin, sur les ondes de plusieurs médias francophones. "Ces mesures sont décidées sur base de rapports scientifiques. À ce stade, elles nous semblent être les meilleures pour éviter une propagation du virus sur notre territoire."

Mardi soir, deux cas de contamination au coronavirus avaient été enregistrés sur le territoire de la capitale. Le retour du congé de détente (ou de Carnaval) est en effet synonyme de transit par différents pays. Il n’est donc pas surprenant que la mise au jour de ces cas intervienne aujourd’hui. Le ministre Maron a d’ailleurs déclaré s’attendre à voir émerger d’autres cas dans le courant de ces prochains jours. Afin de contenir le virus le plus efficacement possible, le service d’inspection s’attelle à présent à rechercher toutes les personnes qui ont été en contact avec les deux patients testés positifs au Covid-19. Il est demandé à ces personnes de surveiller leur température deux fois par jour. Si et dès qu’elles ont de la fièvre, elles doivent s’isoler et contacter leur médecin généraliste, et ce avant de se rendre dans une salle d’attente ou dans une pharmacie. Jour après jour, c’est le Risk Management Group (RMG), instance sanitaire qui regroupe une série d’experts, qui décide des mesures à prendre pour protéger la santé publique.

Une "erreur" dans le chef d’Olivier Maingain, selon Maron

À ce sujet, le ministre Maron fustige la décision unilatérale et "non concertée" du bourgmestre Défi de Woluwe-Saint-Lambert, Olivier Maingain, d’interdire l’accès aux lieux publics couverts de sa commune pendant 14 jours aux personnes rentrant de zones à risque. "En termes de santé publique, c’est une erreur. Car seules des mesures générales et coordonnées sur l’ensemble du territoire fonctionnent", martèle l’écologiste. "Si chacun des 589 bourgmestres du pays prend un arrêté de police en la matière, cela va devenir ingérable." De retour de Bretagne, où il séjournait à proximité de zones à risque, l’échevin des Sports de Woluwe-Saint-Lambert, Éric Bott (Défi), est confiné chez lui pour 14 jours… en vertu de la décision prise par son maïeur. Belle ironie du sort.