Bruxelles

Dans la célèbre ligne d'évasion Comète, bon sang ne pouvait mentir... L'on a, bien évidemment, à l'esprit l'action de la famille De Jongh, de Frédéric, le père et d'Andrée (Dédée) qui le dirigea avec courage et détermination. Chez les Itterbeek aussi, on s'est passé le flambeau de la résistance d'une génération à l'autre. Alice Itterbeek qui, engagée dans l'Armée Secrète avait également hébergé de nombreux pilotes alliés qui purent reprendre le chemin de l'Angleterre. Arrêtée en mai 1944, elle fut condamnée à cinq ans de travaux forcés et déportée à Ravensbrûck avant d'être envoyée à Oranienbourg où elle fut finalement libérée par les troupes soviétiques. Pendant ce temps, son époux était également déporté alors que son fils Raymond connaissait à son tour l'enfer des geôles et des camps allemands n'échappant que de peu à une exécution programmée.

Cette femme exceptionnelle, décédée voici 18 ans, qui allait recevoir de nombreuses distinctions belges mais aussi internationales comme la King's Medal of Courage britannique, la Medal of Freedom des Etats-Unis d'Amérique et la Médaille de l'Entraide du comité d'hommage des Juifs de Belgique était une citoyenne de Woluwe-Saint-Lambert où elle est d'ailleurs inhumée à la pelouse d'honneur.

Il s'imposait donc qu'un jour la commune qui fut la première à ériger un monument pour les femmes résistantes rende aussi un hommage particulier à Alice Itterbeek.

C'est fait depuis mercredi puisqu'une plaque commémorative évoquant son combat a été inaugurée par l'ancien et le nouveau maïeur, Georges Désir et Olivier Maingain. Dans le cadre de la promotion du devoir de mémoire cher à l'échevine Monique Louis, des enfants des écoles communales ainsi que des "anciens" dont Raymond Itterbeek qui continue lui aussi inlassablement à transmettre le souvenir des héros de 40-45 ont rendu un superbe hommage à Alice Itterbeek-Rels. Les plus jeunes ont non seulement déclamé des poèmes mais aussi réalisé une superbe fresque qui trône à la plaine de jeu de la rue Prekelinden...