Les bars qui n’ouvraient que les soirs de match sont contraints de mettre la clé sous le paillasson.

C’est désormais officiel, le Sporting d’Anderlecht quittera sa légendaire enceinte du stade Constant Vanden Stock à l’été 2019 pour s’installer dans le futur stade national qui s’érigera sur le parking C du Heysel. Un accord définitif a été trouvé entre le gouvernement, le constructeur BAM-Ghelamco et le Sporting d’Anderlecht, dont le conseil d’administration a officialisé l’information mercredi soir (lire en pages 38-39). La raison de ce énième rebondissement ? Le prix de location du stade payé par le Sporting d’Anderlecht était initialement annoncé à plus de 10 millions d’euros par an, mais il a été baissé à 9 950 000 €.

Pour les nombreux commerces avoisinants, la pilule est dure à avaler. Certains bars n’ouvraient que les soirs de match, comme le café La Coupe tenu depuis 33 ans par Michou, la supportrice invétérée des Mauve et Blanc, qui devra mettre la clé sous le paillasson dans quatre ans : "C’était prévisible. Cela fait deux ans que je ne me fais plus d’illusions. Quand la direction du Sporting a annoncé, il y a quinze jours, que le club allait rester ici car la location du stade national était trop chère, j’étais persuadée que c’était du bluff pour faire diminuer le prix", explique une Michou résignée.

Et de fait, pour son commerce, la sentence est irrévocable : elle va être contrainte de fermer boutique. "On ouvre que les soirs de match donc de fait, on n’a plus de chiffre d’affaires ! Le Sporting, c’est toute ma vie. J’ai fait fructifier ce commerce, mon avenir a été construit ici. Mais si il n’y a plus de football, il n’y a plus de recette. C’est fini, on va devoir fermer !" déplore Michou, abattue.

Du côté de la taverne le Greenpark, juste en face du stade, on refuse de croire que cet interminable dossier soit désormais entériné. "Nous sommes face à une telle saga que j’ai du mal à croire que cela soit la fin, explique Robert, le barman. Même s’il y aura des buvettes dans le nouveau stade, ça n’aura jamais la même convivialité que lorsque les supporters se réunissent dans la rue Theo Verbeek où ils boivent des coups et s’enjaillaient aux différents bars. Ça, ça va être terminé !"

Mais contrairement à d’autres cafés avoisinants, celui-ci est ouvert tous les jours et propose une restauration qui assure une recette minimale, indépendamment des soirs de matchs. "Mais quoi qu’il arrive, en cas de départ, la situation deviendrait catastrophique pour tous les commerces."

Ce que déplorent le plus les commerçants du coin ? Le manque de concertation. "Notre avis n’a pas été pris en compte. 80 % des supporters sont contre le fait d’aller au Heysel !", explique Benoît, supporter abonné aux matchs depuis des années. "Anderlecht c’est Anderlecht, hein ! Pas le Sporting de Grimbergen ! On déplore aussi que le fait que le collège anderlechtois ait donné son accord en juillet dernier pour agrandir le stade à 30 000 places avec l’ajout d’un troisième anneau, mais finalement il n’en sera rien." Et de fait, c’est le Sporting qui est propriétaire du stade et pas la commune, qui n’a dès lors pas son mot à dire.