Cela fait plus de six ans que l’église Saint-François Xavier à Anderlecht n’accueille plus de célébration. Construite il y a un siècle, elle fut de moins en moins fréquentée au fil des décennies, et se présente désormais dans un état de dégradation avancée.

Ces dernières années, une réflexion sur son avenir s’est engagée, et un accord de principe (signé dans les prochaines semaines) a désormais été trouvé entre l’évêché, la Fabrique d’église (propriétaire) et la commune d’Anderlecht. Cette dernière acquerra le lieu pour un euro symbolique, et le transformera en salle de sport ouverte sur le quartier, et en lieu disponible pour la formation aux arts du cirque.

En définitive, chacun y trouve son compte : la commune bénéficiera d’un espace qui lui manquait, se réjouit l’échevin socialiste Fabrice Cumps, alors que l’évêché ne voyait pas de sens pastoral à solliciter de l’argent public pour rénover une église peu fréquentée dans un quartier qui en compte d’autres.

Les trois options

C’est la première fois qu’une église connaîtra une réaffectation “sportive” dans la capitale. Le dossier n’en reste pas moins exemplatif de la politique relative à l’avenir des lieux de culte catholiques.

“Lorsque se pose la question de l’avenir d’un lieu de culte, nous avons décidé d’un ordre des priorités, explique Thierry Claessens, adjoint de l’évêque de Bruxelles pour les questions temporelles. En premier lieu, nous souhaitons qu’il soit confié à des communautés catholiques étrangères.” C’est ainsi que des communautés philippines, brésiliennes, polonaises… font vivre des églises dans une capitale où des messes sont célébrées dans 23 langues différentes. “La deuxième solution est de confier ces lieux à des communautés chrétiennes non-catholiques, poursuit-il. Enfin, si aucune de ces destinations n’est appropriée, on engage une réflexion pour réaffecter une partie ou l’entièreté du bâtiment à un usage profane.”

C’est dans ce cadre que la future désaffectation de l’église Saint-François Xavier a été pensée. Elle se classe à la suite de quatre autres anciennes églises diocésaines bruxelloises qui ont aussi – en partie ou en totalité – été désaffectées. Par ailleurs, l’avenir de quatre autres églises est également en suspens (Saint-Joseph à Jette, le Précieux-Sang à Uccle, Sainte-Bernadette à Anderlecht et Saint-Joseph à Uccle).

Quoi qu’il en soit, même si l’église est désaffectée, l’évêché établit des règles de réaffectation. Celle-ci doit répondre à un besoin sociétal, être respectueuse des origines du lieu, et demeurer à destination du public. L’église d’Anderlecht n’accueillera donc pas une salle de fitness privée, mais un espace ouvert sur son quartier.

Doit-on s’attendre à de nombreuses réaffectations à l’avenir ? La liste s’allongera immanquablement, mais il est difficile de dire combien. Bien que les communautés catholiques étrangères en attente d’un nouveau toit ne sont pas innombrables, les évêques sont plus prudents qu’il y a cinq ans face à de possibles désacralisations. Entre des réaffectations totales ou partielles (la taille d’édifices pourrait être réduite pour intégrer du logement par exemple), c’est au cas par cas, et en dialogue avec les paroissiens et les pouvoirs publics qui investissent dans ces bâtiments, que l’évêché de Bruxelles aborde la question.