Les événements de vendredi soir ont débouché sur des perquisitions ce samedi en fin d'après-midi à Molenbeek. Un photographe de presse a pu y constater un climat de tension et en a même fait les frais.

Ce samedi, un photographe belge qui souhaite garder l'anonymat a reçu une demande d'un média pour lequel il collabore et s'est donc déplacé à Molenbeek pour y couvrir les perquisitions faisant suite aux attentats de Paris. "Alors qu'une voiture de police passait dans la rue, une femme un peu hystérique courait derrière ce véhicule. Faisant mon boulot, j'ai photographié cet instant. C'est alors qu'une personne sortie de nulle part a couru vers moi et m'a agressé."

L'homme a directement été traité de traître par son agresseur. "Je suis d'origine marocaine et donc cette personne de 23 ans maximum m'a jugé comme un traître alors que je n'étais là que pour faire mon travail, un relais d'informations. Dans son énervement, il a commencé une phrase menaçante : 'Si tu continues à prendre des photos...' et il l'a terminée en jetant mon matériel par terre." Le flash et la protection de l'appareil sont cassés, les dégâts matériels sont estimés à 1.000€. Et pour enfoncer le clou, alors que son agresseur était en fuite, le photographe a été giflé par une personne présente sur les lieux de l'agression. "Sans doute un proche du premier agresseur…"

S'il est conscient que cette attaque n'est rien à côté de ce qu'ont subi les Parisiens vendredi soir, notre homme est néanmoins choqué par la situation : "Ces gens se plaignent des amalgames mais tombent eux-même dans ce jeu-là. En quoi suis-je un traître parce que je fais mon travail ? En jetant mon appareil par terre, cette personne a porté atteinte à beaucoup de choses. Je ne tiens toutefois pas à diaboliser toute une communauté, c'est l'acte d'un jeune homme stupide qui ne sait rien du métier de journaliste. J'étais également perplexe de voir que la quinzaine de personnes présente dans la rue n'a pas bronché. Les gardiens de la paix qui étaient là ne sont visiblement pas autorisés à arrêter quelqu'un, ils s'étaient contentés d'appeler la police."

L'homme a évidemment porté plainte dans la foulée… et est retourné sur le lieu de la perquisition pour terminer son boulot.