Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Philippe Close (PS) propose d'étendre le concept à l'ensemble des zones de police du pays si l'expérience bruxelloise s'avère concluante.

Les membres du conseil communal de la Ville de Bruxelles ont débattu, cet après-midi, du projet d'installation de bodycams sur les policiers de la zone Bruxelles-Capitale-Ixelles. Tant le MR que le CDH ont approuvé le lancement de cette phase test, portée par la majorité PS-Ecolo-CDH-SP.A. Pour le libéral David Weytsman, qui y voit "une excellente chose", ces bodycams "participeront clairement à l'amélioration des conditions de travail de nos policiers". "Notre groupe soutient ce projet car il permet d'objectiver ce qui se passe en intervention", a embrayé le chef de groupe CDH Didier Wauters.

Une trentaine de policiers seront équipés de bodycams durant la phase de test, prévue pour ces trois prochains mois. "Les bikers, le personnel lié à la division trafic et celui de la division proximité et intervention (DPI) seront les premiers à tester ces caméras", a précisé le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Philippe Close (PS). "Notre idée n'est pas d'avoir quelque chose qui va dans un seul sens mais plutôt de pacifier les relations entre la police et les Bruxellois. Lorsque nous avons mis des caméras dans nos commissariats, cela a calmé de nombreuses situations. Ces bodycams font partie d’un dispositif général destiné à améliorer le rapport entre une police moderne, citoyenne et les usagers de la ville". Les policiers seront formés à l'usage de ces bodycams tandis que le citoyen peut avoir accès aux images par la voie pénale.

Concrètement, le policier équipé d'une bodycam doit appuyer sur un bouton pour que la caméra - qui filme tout, tout le temps mais en écrasant les images - enregistre, en ce compris 90 secondes précédent le moment où la caméra est activée. Le policier doit alors prévenir le citoyen "qui a - lui aussi - le droit de filmer toute intervention policière", a rappelé Philippe Close. De retour au commissariat, le policier branche la caméra, qui dégorge ses images automatiquement sur un serveur. Les images enregistrées peuvent être conservées entre trois et douze mois.

Le budget de cette phase test est estimé à entre 600 et 1 600 euros par policier équipé. "Si nous équipons l'ensemble des policiers de la zone, le budget sera de plusieurs centaines de milliers d'euros", détaille encore le bourgmestre de Bruxelles, qui précise dans la foulée que cela entre dans le cadre des missions de la zone de police. "L'équipement en bodycams doit encore être débattu. Doit-on équiper tous les policiers, seulement ceux en intervention ? Faut-il une bodycam par personne ou en mettre un stock à disposition et à échanger entre policiers ? La phase test nous permettra de répondre à ces questions même si, a priori, nous sommes demandeurs que chaque intervention soit filmée."

Plus largement, Philippe Close estime que, "si cette expérience menée dans la plus grande zone de police du pays est concluante, cela devrait être uniformisé au niveau du pays dans son ensemble. Pas au niveau des six zones mais des 196 zones". Le bilan de ce test est attendu d'ici quatre ou cinq mois.