Plusieurs habitants du quartier Dansaert, à Bruxelles, nous ont contactés pour se plaindre de faits de vandalisme dont ils font l'objet ou sont les témoins. Bris de vitres, vols, tentatives de car-jacking : les personnes interrogées se plaignent de la situation au quotidien dans leur quartier.

Le soir du Nouvel An, une voiture a été incendiée dans une rue non loin du quartier Dansaert faisant des dégâts sur la façade d'une maison. "Quatre véhicules ont été incendiés dans la Ville de Bruxelles le soir du Nouvel An", confirme le bourgmestre Philippe Close. "Ces incidents sont bien évidemment inacceptables mais ils arrivent souvent à cette période de l'année. Par rapport à d'autres capitales, nous avons eu un 31 décembre extrêmement calme. Les débordements ont été limités et les forces de l'ordre ont agi immédiatement."


Pour Marie (prénom d'emprunt), 35 ans, il ne s'agit pas d'un fait isolé mais bien d'incidents répétés. "Alors que je tenais mon enfant de deux ans dans les bras, une personne m'a volé mon sac de manière plutôt violente. Dans ma rue, il arrive souvent que les carreaux ou les pare-brises des voitures soient cassés". Fatima, également habitante du quartier, confirme : "On voit fréquemment des vitres cassées sur les véhicules. En journée cela va encore mais dès qu'il fait un peu sombre cela devient dangereux. Je n'ose plus bouger de chez moi."

Combattre le sentiment d'insécurité

"Le sentiment de sécurité est l'un des premiers droits des citoyens, c'est très clair pour moi", répond Philippe Close qui souligne néanmoins qu'il "n'y a pas de recrudescence de vandalisme dans le quartier", ce que confirme la police qui indique d'ailleurs que 2017 est l'année où il y a eu le moins de faits de vandalisme. "Les chiffres parlent pour nous", poursuit le bourgmestre. "En décembre dernier, j'ai organisé une réunion dans le quartier Dansaert entre les habitants, la police et les services de prévention. C'était une réunion constructive où nous avons pointé les différents problèmes rencontrés et où on a défini où l'on pouvait être davantage présent. Dans cette réunion, nous avons vu qu'on était passé d'une criminalité liée au vol à des problématiques liées à la vente de stupéfiants. Les vols et les agressions sur les personnes sont en diminution dans ce quartier. Ce qui n'enlève bien sûr rien au fait que quand on est victime d'un acte de vandalisme, on est traumatisé."

Le bourgmestre invite par ailleurs les victimes de vandalisme à porter plainte auprès de la police, "sinon ces faits restent invisibles", et même à le contacter personnellement.

© BORTELS CHRISTOPHE

Répondre aux attentes citoyennes 

"J'ai très souvent alerté les forces de l'ordre de ces problèmes mais ils me répondent qu'ils ont des effectifs réduits. Ils sont au courant, la police fait des rondes de temps en temps mais c'est tout", déplore Marie. Tout comme Fatima qui regrette qu'il "n'y a pas assez de rondes, la police est débordée. Elle est très efficace quand on les appelle, je ne peux pas leur reprocher cela, mais il, n'y a pas assez d'action de leur part".

Ilse Van de keere, porte-parole de la zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles, déclare que "des inspecteurs de quartier ont remonté le sentiment d'insécurité ressenti par certains habitants au commissaire responsable du commissariat du quartier Dansaert fin du mois de novembre. Suite à la rencontre qui s'est tenue en décembre, notre corps de police a directement décidé d'orienter des patrouilles tant de services spécialisés que du quartier sur le quartier Dansaert, dans un but préventif et proactif, afin de répondre rapidement et au mieux aux attentes et craintes citoyennes."

Quitter Bruxelles

Minées par le sentiment d'insécurité, les deux femmes envisagent sérieusement de quitter Bruxelles. "Dansaert est un quartier vraiment magnifique, il a été rénové il y a quelques années mais je m'y sens de moins en moins bien. Je ne sais pas si je vais encore y rester longtemps, j'envisage de déménager de Bruxelles", regrette Marie. Fatima, elle aussi pense quitter la capitale dans laquelle elle habite depuis 1993. "Je suis amoureuse de ma ville mais, depuis 5 ou 6 ans, c'est catastrophique. Aujourd'hui, j'ai peur d'inviter des amis chez moi car il est probable qu'en quittant la soirée, ils se retrouvent avec un carreau cassé. J'envisage de quitter Bruxelles. C'est dommage car Dansaert, c'est un vrai village."