Venu à l’inauguration de la ligne de tram, Nino Peeters dénonce.

Si la ligne de tram 8 inaugurée ce vendredi après-midi est une réelle fierté de la Région, et ravira les Bruxellois par sa longueur, une partie de la population est toutefois sceptique. Il s’agit des personnes à mobilité réduite (PMR). L’occasion d’aller à la rencontre de Nino Peeters, venu dénoncer cette problématique lors de l’inauguration.

Après les discours du ministre-Président de la Région Rudi Vervoort (PS), du ministre bruxellois de la Mobilité Pascal Smet (SPA) et de Brieuc de Meeûs, CEO de la Stib, le gratin politique bruxellois est sorti acclamer le tram flambant neuf, le tout dans une excitation intense. Mais au milieu des confettis et de la fanfare, Nino Peeters, en chaise roulante, ne pouvait pas rentrer dans le nouveau joujou de la Stib. Comme pour la plupart des lignes bruxelloises, l’écart entre la bordure de l’arrêt et l’entrée du tram est trop grand, et les roues de chaise roulante risquent de s’y coincer.

Une rampe pour le faire monter

Nino Peeters est en fauteuil roulant depuis huit ans. Ce trentenaire bruxellois membre de l’ASBL Passe le message à ton voisin, se bat depuis des années pour que les PMR soient pris en compte dans les décisions politiques. Une tâche peu aisée. "Il y a un mois, nous étions heureux de venir à l’inauguration du tram 9, la ligne de tram bruxelloise la plus adaptée aux PMR. Pourquoi n’ont-ils pas pu faire de même avec cette ligne ? Tout est à revoir pour les personnes qui ont des difficultés à se déplacer." Par ce propos, Nino fait aussi référence à la station Roodebeek, qui ne dispose pas d’ascenseur. "On parle d’intermodalité, mais quand on est en chaise roulante et qu’on arrive à Roodebeek on fait quoi ? Comment prend-on le métro ?", s’indigne-t-il.

Une rampe dans chaque tram ?

Ne pouvant pas rentrer tout seul dans le tram, Nino Peeters, qui attendait devant les portes, a tenté de capter l’attention de Rudi Vervoort, mais a très vite essuyé un refus blasé de la part du ministre, pressé de rejoindre les plus festifs. C’est finalement Didier Dumont, responsable accessibilité à la Stib, qui a déployé une rampe pour faire monter Nino et une autre personne à mobilité réduite. "Le fait qu’il n’y ait que cette rampe, qui n’est d’ailleurs là que pour aujourd’hui, est un échec. Ça prouve que les choses n’ont pas été pensées pour nous, et qu’on rajoute vite ça en dernière minute."

C’est pourtant l’une des seules solutions que semblent avoir trouvé la Région et la Stib au problème des PMR. "On va constituer un groupe de travail avec le Collectif accessibilité Wallonie Bruxelles pour voir ce que l’on peut améliorer. On n’a pas pu adapter cette ligne-ci, car c’est la continuité d’une ligne qui existait déjà et les arrêts n’étaient pas à la bonne hauteur, explique le cabinet Smet. La solution consisterait à mettre une rampe dans chaque tram, mais qui devra la placer à chaque fois, le chauffeur ou des usagers ? Des discussions sont en cours." Mathilde de Kerchove