Pas question de relâcher la bride à Bruxelles, même le soir de Noël. Ce mercredi, les dix-neuf bourgmestres des communes de la Région de Bruxelles-Capitale se sont réunis autour du ministre-Président Rudi Vervoort (PS). Ils devaient trancher la question du couvre-feu dans la capitale le soir du réveillon de Noël. La réponse est claire et unanime : le couvre-feu débutera à 22 heures, comme tous les autres soirs jusqu’au 15 janvier, pas une minute de plus.

La décision a de quoi surprendre. En effet, la Région bruxelloise et la Région wallonne s’étaient montrées particulièrement zélées le jour où la Belgique avait décidé d’imposer un couvre-feu. Elles avaient choisi d’interdire tout déplacement jugé non essentiel entre 22 heures du soir et 6 heures du matin alors que le gouvernement fédéral n’imposait le couvre-feu qu’entre minuit et 5 heures du matin - la tranche horaire retenue par la seule Flandre. La Région wallonne a cependant décidé d’assouplir le dispositif le soir du 24 décembre, calquant, pour ce seul et unique soir, l’horaire fédéral. On pensait dès lors que Bruxelles allait l’imiter.

"Il est question ici de tenir compte des spécificités de Bruxelles qui est une ville densément peuplé e. Nous prenons les décisions selon les réalités qui sont les nôtres", explique le ministre-Président Rudi Vervoort, qui souligne que le couvre-feu n’est qu’une mesure parmi d’autres, à l’instar de la fermeture des magasins à 21 heures, ou l’interdiction de la consommation sur l’espace public.

Un soir comme un autre

Certains avaient pourtant commencé à croire à un petit cadeau pour le soir de Noël, en regard d’une situation sanitaire qui semble s’améliorer. "Ce n’est justement pas le moment de relâcher nos efforts, coupe le ministre-Président. Ce n’est pas parce que cela va un peu mieux que l’on a des chiffres qui nous autorisent un assouplissement." Et le socialiste de prendre l’exemple de Thanksgiving aux États-Unis, où le relâchement a provoqué une explosion des cas de coronavirus.

L’autre argument, c’est la cohérence dans le suivi des mesures. Le couvre-feu est une mesure qui fonctionne très bien, selon le cabinet du ministre-Président. "Pourquoi la population n’adhérerait pas spécialement ce soir-là ? s’interroge sa porte-parole. D’autant que, pour rappel, on ne peut voir qu’une personne en plus de son foyer le soir de Noël. Ce qui limite fortement les raisons de se déplacer."