Connaître l’autre langue nationale est un critère décisif pour trouver un job.

Avec la mobilité et le niveau de qualification, la connaissance de l’autre langue nationale représente le plus grand obstacle pour les demandeurs d’emploi bruxellois qui cherchent un travail. Or, d’après le VDAB, le service de l’emploi flamand, de plus en plus de Bruxellois vont travailler en Flandre. Mais à Bruxelles aussi le bilinguisme reste une exigence importante des employeurs.

"A Bruxelles, la moitié des offres d’emploi exigent des connaissances en néerlandais mais seul un chercheur d’emploi sur cinq déclare avoir une connaissance moyenne de l’autre langue", indique Jan Gatz, porte-parole d’Actiris. Cette part diminue encore lorsqu’il s’agit d’avoir une bonne connaissance de la deuxième langue nationale puisque le pourcentage baisse à 7 %.

Formations et chèques langues

Pour remédier à ce problème, de nombreuses mesures sont mises en place dans la Région, notamment des formations et des chèques langues. Prochainement, Brulingua, la plateforme en ligne qui permet d’apprendre le français, le néerlandais, l’anglais ou l’allemand, ne sera plus réservée aux seuls chercheurs d’emploi. La plateforme "sera accessible à tous les actifs bruxellois : les habitants de plus de 18 ans domiciliés sur le territoire de la Région de Bruxelles-Capitale qui travaillent ou sont en âge de travailler ainsi que les mineurs qui vont à l’école sous le régime de la formation en alternance et les mineurs reconnus comme émancipés qui travaillent", précise Actiris.

Sans surprise, c’est la connaissance du néerlandais qui se révèle être le plus grand frein. Ainsi, 78 % des chèques langues délivrés en 2016 étaient destinés à des formations linguistiques en néerlandais contre 4 % en français, 18 % en anglais et moins de 1 % pour l’allemand.

De manière générale, on constate que les connaissances linguistiques des chercheurs d’emploi augmentent avec le niveau d’études. "La moitié des universitaires disent disposer d’au moins une connaissance moyenne de la deuxième langue nationale alors que la part des chercheurs d’emploi peu qualifiés disposant de ces mêmes connaissances est de 22,7 %", indique le ministre bruxellois de l’Economie et de l’Emploi, Didier Gosuin (Défi).

Les exigences linguistiques varient fortement suivant les domaines professionnels. Citons notamment l’ingénierie (87,8 %), l’informatique (79,6 %) ou les sciences (78,2 %). En revanche, les exigences linguistiques sont le moins prononcées dans les domaines de l’enseignement (21,8 %), les soins de santé (26,4 %) et le nettoyage (31,4 %).


J’apprends le flamand avec Vincent

Bruxelles Depuis ce 1er octobre, une campagne de sensibilisation d’Actiris mettant en scène le footballeur Vincent Kompany est visible dans les arrêts de la Stib, les maisons de jeunes, etc. La campagne est destinée à capter l’intérêt des passants pour apprendre le néerlandais.

Concrètement, le joueur redirige les personnes désireuses de s’améliorer en néerlandais vers le site Internet japprendsleflamandavecvincent.brussels et invite les gens à s’inscrire à des séances d’information.

Durant celles-ci, toutes les possibilités mises en œuvre à Bruxelles pour faciliter l’apprentissage des langues sont expliquées. A raison d’une trentaine de membres par séance d’information, entre deux et quatre fois par semaine, cela a déjà permis à plus de 500 personnes par mois d’avoir accès aux différentes façons de se former.


En chiffres: l’emploi et les langues à Bruxelles

4 offres d’emploi sur 10 comportant une exigence linguistique, la connaissance de l’anglais est requise.

8,8. Ces 5 dernières années, le nombre de Bruxellois allant travailler en Flandre est passé à 50 000. Soit une augmentation de 8,8 %.

80. Dans 80 % des offres d’emploi pour lesquelles il y a des exigences linguistiques, la connaissance des deux langues nationales est exigée.

19.743. En 2016, 19 743 tests linguistiques ont été passés pour l’obtention de chèques langues.

33.000. Brulingua, la plate-forme en ligne permettant d’apprendre le néerlandais, le français, l’allemand et l’anglais, compte près de 33 000 utilisateurs.