Depuis lundi, le nord-ouest est fort survolé à cause de travaux de rénovation à l’aéroport et des conditions climatiques.

"Beaucoup de bruit dans le ciel, les avions sont de retour. Pourquoi ? Cela dure depuis deux à trois jours, et cela toute la journée, lâche Bob, un habitant de Jette. Franchement, les avions commencent vraiment à déranger. Cela va durer encore longtemps ?", interroge, lui, William, un Berchemois. À l’instar de Bob et William, de nombreux habitants du nord-ouest se plaignent, cette semaine, de nuisances sonores liées au survol aérien de leur commune. En fait, depuis lundi, une grande partie du nord-ouest est survolée en raison de travaux de rénovation à l’aéroport et des conditions climatiques actuelles. Le retour à la normale est prévu ce vendredi, annonce Belgocontrol, qui précise que ce survol était prévu.

Depuis la nuit de dimanche à lundi, la piste 07L est donc utilisée pour les atterrissages à l’aéroport de Bruxelles-National. Le recours à cette piste, dont la particularité est de faire passer les avions au-dessus du nord-ouest de la capitale, reste exceptionnel. Seule la conjonction de deux facteurs explique les nuisances dont souffrent actuellement les Jettois, les Molenbeekois ou encore les Berchemois : les travaux de rénovation en cours à l’aéroport et l’impossibilité d’utiliser les pistes alternatives habituelles en raison de la météo. "Les vents du nord et de l’est soufflent plus fort qu’à leur habitude", explique Dominique Dehaene, le porte-parole de Belgocontrol.

Si c’est globalement le nord-ouest qui souffre de nuisances sonores, les communes concernées ne sont pas les mêmes le jour et la nuit. La procédure d’atterrissage de jour fait ainsi survoler Berchem-Sainte-Agathe, Ganshoren, Jette et une partie de Laeken, tandis que celle de nuit fait passer les avions au-dessus de Dilbeek, Anderlecht (Bon Air), Molenbeek et les environs de Tour et Taxis, à Bruxelles-Ville.

Si la procédure d’atterrissage RNP 07 L, utilisée durant la nuit, fait passer les avions plus haut dans le ciel que celle utilisée en journée, il n’est pas possible d’y recourir 24h sur 24, selon Belgocontrol. "Tous les avions ne disposent pas du système RNP et le trafic de jour est beaucoup trop important pour qu’on utilise alors cette route. La nuit, on peut guider par d’autres techniques les quelques avions sans RNP, mais un trop gros nombre n’est pas possible", indique Dominique Dehaene


La Région veut savoir si les routes prévues ont bien été utilisées

Alors que des travaux sont en cours à l’aéroport national durant l’été, obligeant Belgocontrol à faire emprunter aux avions d’autres routes aériennes, la Région bruxelloise tient à vérifier que le survol aérien respecte bien les procédures prévues.

Les autorités régionales se pencheront avec attention sur les résultats des différents sonomètres répartis dans la capitale, dont un vient d’être installé sur le territoire de Bruxelles-ville. C’est ce qu’indique le cabinet de la ministre bruxelloise de l’Environnement Céline Fremault (CDH). "On pourra ainsi vérifier avec précision quelles routes ont emprunté les avions cet été", explique Adel Lassouli, le porte-parole de la ministre.