Depuis le 22 mars dernier et les attaques à Maelbeek et l’aéroport de Bruxelles National, plus de 30 alertes à la bombe ont lieu chaque mois dans la capitale. En d’autres termes, près d’une alerte à la bombe est recensée chaque jour sur le territoire de la Région bruxelloise. Un chiffre impressionnant qui rappelle, si besoin est, les conséquences bien concrètes des attaques terroristes sur le quotidien des habitants de la capitale. "Avant, beaucoup de gens ne faisaient même pas attention à une valise laissée seule dans la rue. Dans le contexte actuel, le comportement des personnes a évolué, les gens nous appellent davantage", résume Marc Van Den Eynde, porte-parole de la zone de police Montgomery (Etterbeek, Woluwe-Saint-Lambert et Woluwe-Saint-Pierre). En deux ans et demi, les services de police sont ainsi intervenus plus de 389 fois, dont près d’un tiers en à peine quatre mois.

389 alertes depuis début 2014

Zone Bruxelles-Nord (Schaerbeek, Saint-Josse et Evere) exceptée, l’ensemble des zones de police de la capitale nous ont communiqué le nombre d’alertes à la bombe ayant eu lieu sur leur territoire depuis le 1er janvier 2014. Au total, plus de 389 alertes à la bombe (colis suspects, coups de téléphone, menaces d’attaque avec des armes chimiques, etc.), ont eu lieu depuis lors, en Région bruxelloise. Ce sont les zones Bruxelles-Capitale-Ixelles (160) et Marlow (104), laquelle rassemble Auderghem, Uccle et Watermael-Boitsfort, qui concentrent plus de la moitié des interventions. Viennent ensuite les zones Midi (55), Bruxelles-Ouest (44) et Montgomery (26).

Hausse exponentielle

Ce qui frappe particulièrement, c’est la hausse exponentielle du nombre d’alertes à la bombe constatée après chaque attentat à Paris ou Bruxelles. Cinq par mois en moyenne entre le 1er janvier 2014 et le 7 janvier 2015, date des attaques perpétrées contre "Charlie Hebdo", 11 par mois ensuite jusqu’au 13 novembre 2015 et 22 entre cette date et les attentats du 22 mars : le nombre a ainsi été multiplié par deux après chaque attaque. Et la tendance continue, puisque, depuis les attentats du 22 mars, quelque 124 alertes ont eu lieu en quatre mois et demi, soit un peu moins d’une par jour.

Même procédure

A chaque alerte à la bombe, la procédure est à peu près identique dans chaque zone de police : un chien de la police fédérale entre en action pour détecter l’éventuel colis suspect, puis le service de déminage de l’armée (NdlR : le Sedee ou Service d’enlèvement et de destruction d’engins explosifs) se charge de le faire exploser. "Nous appliquons toujours la même procédure, afin d’éviter de banaliser ou d’aggraver les situations", explique Stéphanie Hugo, porte-parole de la zone de police Marlow.