Bruxelles

La rumeur enflait depuis ce jeudi matin après l’annonce d’une conférence de presse organisée dans l’urgence au commissariat des Marolles. Sur le coup de 13h30, le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Yvan Mayeur, a confirmé ce que l’on présageait : la Ville abandonne son projet de parking souterrain sous la célèbre place des Marolles, lieu d’un marché aux puces qui s’y tient depuis 1873.

Une solution alternative au projet a été approuvée par le collège. Le stationnement des véhicules de plus de deux tonnes sera interdit et de nouveaux emplacements seront entièrement dédiés au stationnement des commerçants du Vieux marché, sur le boulevard de Waterloo.

C’est une belle victoire pour les nombreux opposants à ce projet. En effet, riverains et commerçants craignaient les répercussions des travaux d’aménagement sur la vie du quartier, le commerce et ce marché hautement emblématique. Une pétition remise aux autorités bruxelloises avait ainsi récolté quelque 23.000 signatures.

Le bourgmestre et son échevine de la Mobilité Els Ampe (Open VLD) avaient pourtant tenté de rassurer en organisant des réunions d’information dans le quartier. Ils y avaient répété que le parking ne se ferait qu’à condition qu’il ne perturbe en rien la tenue du vieux marché.

Ces déclarations n’ont pourtant pas fait faiblir la mobilisation autour du projet. Celle-ci a permis de redécouvrir que, sous la place, se trouvait un témoignage oublié de la Seconde Guerre mondiale : un grand abri anti-aérien parfaitement conservé.

Mi-janvier, le projet de parking connaissait une nouvelle déconvenue. Les associations Pétitions-Patrimoine et Plateforme Marolles introduisaient une demande de classement de la place et de ses alentours. Ils réunissaient les 150 signatures nécessaires à une demande de classement par pétition. Avec cette pétition, la Commission royale des Monuments& Sites (CRMS) est tenue d’examiner la demande et d’émettre un avis. Cette démarche est en fait un véritable coup dur pour la Ville de Bruxelles et son parking car la CRMS a entre 6 mois et 2 ans pour remettre son avis et en attendant, aucun permis ne peut en théorie être délivré.

Ecolo/Groen veut que la Ville renonce aux autres projets de parking

Comme le cdH, la Plate-forme Marolles, et le PTB, le groupe Ecolo-Groen de la Ville de Bruxelles s'est félicité jeudi après-midi du renoncement du collège des bourgmestre et échevins au projet de parking souterrain à la Place du Jeu de Balle qui avait soulevé un fort vent de protestation. Pour les écologistes, il faut toutefois aller plus loin et renoncer aux trois autres projets de parking envisagés dans le cadre de la mise en piétonnier des boulevards du centre de la capitale. "Les projets des parkings Rouppe, Nouveau Marché aux Grains et Yser doivent également être abandonnés", ont ainsi dit les chefs de file des Verts, Marie Nagy et Bart D'Hondt.

Ceux-ci ont invité le collège à renoncer dès lors à faire voter le 9 mars prochain par le conseil les cahiers des charges modifiés pour les trois autres parkings projetés.

"Il est plus que temps que le collège prenne les habitants et leurs revendications au sérieux... Il y a déjà aujourd'hui une suroffre conséquente d'emplacements de parking dans le Pentagone. Il n'y a aucune raison objective qui motive la construction de ces nouveaux parkings, quoi qu'en dise l'Echevine de la Mobilité, Els Ampe, qui refuse encore et toujours de rendre publics les chiffres et études qui justifieraient son projet", ont affirmé les deux élus écologistes.

Pour Ecolo et Groen, une augmentation de la fréquentation automobile dans les quartiers résidentiels hors zone dite "de confort" va totalement dans le sens opposé d'une amélioration de la qualité de vie dans le Pentagone à laquelle ils aspirent.

La seule approche soutenable et défendable est la réduction du trafic automobile dans l'ensemble du Pentagone, et pas que dans la zone piétonne.

Le groupe Ecolo-Groen a par conséquent réitéré ses propositions alternatives: exploitation optimale des parkings publics existants; création d'une plateforme Parking BNB permettant l'occupation des emplacements privés vides, principalement en soirée et le week-end; mise en oeuvre de parkings de dissuasion en bordure du territoire régional; et amélioration des services de transports en commun.