Bruxelles Environnement lutte notamment contre la pollution lumineuse.

La nuit ou en fin de soirée, quand les rues sont plus calmes, il n’est pas rare de croiser un renard devant chez soi, à l’affût d’une poubelle à fouiller ou d’une carcasse à ronger. À Bruxelles, 38 espèces de mammifères, 92 d’oiseaux nicheurs, 9 d’amphibiens et de reptiles et une vingtaine d’espèces de poissons, de mollusques et d’insectes cohabitent, tant bien que mal, avec les citoyens. Des chercheurs de plusieurs universités belges ont récemment publié une étude concernant le fait que l’urbanisation nuit gravement à la diversité des espèces et décime des populations entières. Bruxelles ne semble malheureusement pas épargnée par ce phénomène.

"La conservation des animaux et des plantes indigènes qui sont toujours dans nos villes est importante à prendre en compte" , déclarait d’ailleurs la députée MR Aurélie Czekalski lors d’une interpellation au parlement à propos de la préservation de la faune en milieu urbain. Dans sa réponse, le ministre bruxellois du Bien-être animal Bernard Clerfayt (Défi) a listé tristement les espèces en détresse dans notre capitale. Oiseaux nicheurs, moineaux, alouettes, migrateurs insectivores… De nombreux oiseaux semblent malheureusement touchés par le phénomène.

Si plusieurs explications peuvent être apportées au malheureux déclin de la faune bruxelloise, telles que la raréfaction des possibilités de nidification, la disparition des zones de nourrissage ou encore la chute de la biomasse et de la biodiversité des insectes, d’autres facteurs sont à prendre en compte. Parmi eux : la pollution lumineuse.

"Bruxelles Environnement contribue à améliorer certaines pratiques comme l’utilisation de l’éclairage public nocturne de couleur ambre, sans émission dans le spectre UV et dont la projection lumineuse est orientée vers le bas afin de ne pas éliminer les corridors potentiels pour la faune" , explique le ministre.

En effet, pour Bruxelles Environnement, il faudrait créer un maillage noir, tout comme on parle de maillage vert ou bleu (pour les espaces verts et les plans d’eau). "Il s’agirait d’une connectivité entre les zones éclairées un minimum pendant la nuit" , explique Ben Van der Wijden, chef du département biodiversité à l’agence régionale. "Pour les sites Natura 2000, c’est déjà le cas. Notre politique est d’éclairer le moins et le mieux possible. Ce sont dans ces zones qu’on utilise le LED aux teintes rouges qui ne sont pas visibles par les animaux mais bien par l’homme."

"L’éclairage public peut avoir plusieurs impacts sur les animaux , poursuit l’expert. La lumière va soit les attirer, soit les chasser, mais dans les deux cas cela peut avoir des effets directs ou non directs. Un éclairage en bord de route augmente le risque de mortalité des mammifères comme le renard ou le putois, mais aussi des chauves-souris. Mais certaines races de chauves-souris sont révulsées par la lumière et n’osent donc pas s’en approcher. Mais comme ces bêtes mangent des insectes, qui sont eux attirés par toute source de lumière, ces races-là sont en malnutrition, car elles trouvent moins d’insectes."