Depuis le mois de février, une interdiction de consommation d’alcool sur le piétonnier de la capitale est en vigueur entre minuit et 6 heures du matin, "mais cette mesure est en réalité une coquille vide", estime la conseillère communale Bianca Debaets (CD&V).

Des chiffres obtenus par la conseillère communale de la Ville de Bruxelles Bianca Debaets (CD&V), il apparaît qu’en cinq mois 706 PV-alcool ont déjà été établis mais qu'aucune amende n'a encore été perçue. "Il y a toujours autant d'ivrognes qui se promènent sur le piétonnier, ce qui crée une atmosphère très anxiogène", explique Bianca Debaets. "De plus, ce problème s'étend aussi à présent au Marché aux Porcs".

L'interdiction d'alcool entre minuit et 6 heures du matin vise à rendre le piétonnier et les alentours plus sûrs et plus agréables, mais selon l'élu bruxelloise, peu de changements ont été constatés après quelques mois. "Sur l’ensemble du piétonnier, mais surtout du côté de la Bourse, il y a toujours autant d'ivrognes qui errent", précise Bianca Debaets. "Leur présence fait en sorte qu’il y règne trop souvent un climat malsain, parfois menaçant, autour de ce qui devrait être avant tout un quartier très agréable du centre. Or, dans les faits, on doit déplorer le fait qu’il y ait peu ou pas d’amélioration à ce niveau."

Au niveau des statistiques, sur un total de 706 PV-alcool délivrés depuis février, aucune des 328 amendes infligées n'a été perçue. "Cela démontre que cette mesure est en réalité devenue inutile. Cette annonce du bourgmestre, c’était finalement de la poudre aux yeux car concrètement, on ne voit rien venir comme changement", poursuit Bianca Debaets. "144 PV ont été classés sans suite parce que les contrevenants résident à l’étranger, ou ont été radiés du registre de la population ou sont des SDF. Dans ces conditions, il semble très difficile, bien sûr, de pouvoir mener une politique cohérente et de s'attaquer clairement et fermement à ce problème."

Espaces de jeux pour enfants

La situation au Marché aux Porcs demeure également problématique, estime Bianca Debaets. "La situation de ce côté-là doit également être étroitement surveillée et, si nécessaire, traitée de manière ferme. J'ai été approchée cette semaine par des parents inquiets qui vivent au Marché aux Porcs et qui ne veulent plus que leurs enfants jouent dehors, c'est hallucinant et inacceptable. Pour le moment, il y a encore beaucoup trop de laisser-aller et nous laissons ainsi s’installer la réputation de Bruxelles comme une ville dangereuse ou désagréable. Il est vraiment urgent de changer cela. Je ne manquerai donc pas d'engager un dialogue avec les riverains, avant de pouvoir ensuite interpeller le bourgmestre à ce sujet au conseil communal."