Bruxelles Depuis plus de vingt ans, le Risc intervient avec ses techniques d’alpinisme pour aider les victimes. Reportage.

Comme chaque lundi, jour de fermeture, le Musée royal de l’armée était vide de tout visiteur hier matin. Pourtant, des visiteurs peu habituels étaient bien présents dans la majestueuse salle de l’aviation pour y tendre leurs cordages. Les pompiers de Bruxelles spécialisés dans les techniques de sauvetage utilisées en moyenne montagne étaient présents pour un entraînement. La DH s’y est rendue pour observer le travail particulier de ces pompiers de l’équipe Risc (Rescue In Safe Conditions).

À notre arrivée , les hommes du feu, habillés tout de rouge et équipés d’un matériel de grimpe important, s’exerçaient à la tyrolienne pour civière entre le haut du bâtiment et le premier étage. Une démonstration de force impressionnante destinée à réaliser le dispositif de cordes. Les pompiers devaient assurer la tension des câbles à la force de leurs mains. "On a le chef d’équipe et deux binômes d’équipiers pour l’intervention. C’est le dispositif classique. On tend bien les cordes pour assurer une bonne évacuation. On a, comme maintenant, le chef qui supervise l’intervention du point en hauteur, au plafond. Il est accompagné d’un binôme. Les deux autres sont en bas", explique Luc Laporte, sergent-major au Siamu, avant de nous montrer une autre équipe en cours d’exercice.

Les pompiers se trouvaient sur le toit du musée pour extraire une personne en civière vers l’intérieur du bâtiment, par une toute petite trappe. Une variante qui part sur les mêmes bases que l’exercice précédent. "On fait revenir la civière à l’horizontale via une tyrolienne avant de la faire pivoter à la verticale pour passer dans la trappe. On a un grand terrain de jeu, ici. La plupart de nos interventions concernent, en réalité, des ‘sauvetages parois’. On entend par là ‘faire sortir les victimes le long d’une façade’", raconte le sergent-major. Il rappelle qu’il y a quelques années ils étaient intervenus pour deux vitriers bloqués au trente-troisième étage de la tour Dexia. Les pompiers avaient ramené le duo sur la terrasse de l’immeuble en partant du toit, à une hauteur de plus de 130 mètres.

L’environnement est la chose qui complique le plus les interventions pour les hommes du feu du Risc. Ces derniers ont plus de vingt ans d’expérience dans le domaine. "C’est parfois plus dur d’intervenir au deuxième étage d’une maison que sur un bâtiment très haut. Le Risc vient toujours en support. On est un peu le couteau suisse du Siamu. On intervient notamment quand l’auto-échelle ne peut pas servir", poursuit Luc Laporte.

La hauteur ne pose pas de problème particulier pour les membres du Risc. Pour le démontrer, les pompiers de Bruxelles ont embarqué La DH dans le dernier exercice de la matinée. Ils ont décidé de nous évacuer à partir du plafond, avec une descente en chute libre contrôlée par une des équipes. Un ultime exercice qui a démontré une nouvelle fois le professionnalisme des pompiers face à notre peur du vide et les 50 mètres de hauteur qui nous séparaient du sol.

Le Risc du Siamu est composé de 74 personnes. Ces dernières réalisent en même temps les missions classiques des pompiers. Depuis la création de l’équipe, il y a vingt ans, 120 personnes ont fait partie du Risc. Ils interviennent chaque année environ 60 fois et doivent renouveler 800 mètres de corde par an.