L’auteur de "Retour à Lemberg" est l’hôte de la chaire d’histoire contemporaine.

À l’ULB, la mémoire de la Deuxième Guerre mondiale garde, et c’est heureux !, une place importante. En atteste la chaire internationale d’histoire éponyme qui y a été confiée à Pieter Lagrou au sein de la faculté de philosophie et des sciences sociales. Un de ses objectifs est de suivre de près son historiographie, qui ne cesse de se renouveler et aussi de s’internationaliser.

Ladite chaire permet d’inviter chaque année à l’Université libre de Bruxelles un chercheur de renommée internationale pour une série de conférences destinées aux étudiants mais qui sont également accessibles au grand public. La chaire a vu le jour voici quelques années grâce à la générosité de feu le baron Jean-Charles Velge, qui tint à rendre hommage à Jean Vanwelkenhuyzen. Cet éminent spécialiste belge de la Deuxième Guerre mondiale, décédé en 2008, fut aussi à la tête du Centre d’études de la Seconde Guerre, devenu depuis lors le Cegesoma.

Cette année, Me Philippe Sands, qui enseigne à l’University College de Londres, sera mis à l’honneur pour son livre Retour à Lemberg. Entre ses dossiers devant la Cour internationale de justice et la Cour pénale internationale à La Haye, ses arbitrages à Paris et ses cours de droit à l’University College de Londres, le juriste-historien ne cache pas son inquiétude face au retour des périls populistes et extrémistes. Ce mardi 29 janvier, il donnera une conférence publique à l’ULB à 10 heures à l’auditoire R42.4.502 (av. Roosevelt 42).

Des parcours croisés qui font réfléchir

Mais la faculté de philosophie et sciences sociales programme aussi le lundi 28 à 20 heures à Bozar le spectacle musical Est West Street : a Song of Good and Evil. Un spectacle directement inspiré du livre de Philippe Sands. Avocat franco-britannique spécialisé dans la défense des droits de l’homme, il a exploré les origines des concepts de génocide et de crimes contre l’humanité. Le spectacle part des parcours croisés de son grand-père et de trois hommes au cœur du procès de Nuremberg - l’universitaire de Cambridge Hersch Lauterpacht, le procureur polonais Raphael Lemkin et l’avocat d’Hitler, Hans Frank. Il s’agit d’une exploration personnelle des origines de la justice moderne. Elle est rythmée par les paroles, portées par Katja Rietmann et Philippe Sands et par les images d’archives et la musique qui liaient les hommes précités. On y croise Bach, Beethoven et Rachmaninov mais aussi Leonard Cohen, interprétés par le célèbre baryton-basse Laurent Naouri et le pianiste Guillaume de Chassy dans une mise en scène de Nina Brasier.Christian Laporte

Renseignements. : www.bozar.be (spectacle) et Pieter. Lagrou@ulb.ac.be (conférence)