Les commentaires haineux qui ont précédé le décès du prédicateur adulé dans la communauté musulmane ne resteront pas impunis.

L’annonce du décès du prédicateur, enseignant et conférencier belgo-marocaine Rachid Haddach, décédé ce weekend, a provoqué une onde de choc dans la communauté musulmane. L’homme âgé de 49 ans travaillait comme prédicateur bénévole auprès de plusieurs écoles et mosquées bruxelloises où il œuvrait avec les jeunes.

Une prière funéraire a été organisée à la mosquée Khalil de Molenbeek lundi dernier. Mais comme la mosquée était trop petite pour accueillir toutes les personnes venues en nombre lui rendre un dernier message, les rues ont dû être fermées à la circulation et des milliers de personnes ont commencé à prier dans l’espace public.

Une scène qui a choqué plusieurs personnes qui n’ont pas tardé à le faire savoir sur les réseaux sociaux. Des messages durs, comme celui du Vlaams Belang qui en a profité pour récupérer "l’événement" via Twitter, ou un autre individu qui a regretté "de ne plus rouler en camion".

Des propos choquants, qui ne resteront toutefois pas impunis. En effet, plusieurs personnes ont décidé de porter plainte auprès d’Unia, le centre pour l’égalité des chances et de la lutte contre le racisme. L’organisme confirme que sept plaintes ont pour l’heure été adressées. "Il s’agit de plainte pour incitation à la haine, violence ou discrimination", explique Patrick Charlier, porte-parole d’Unia. "Ces personnes risquent un mois à un an de prison ainsi qu’une amende de 50 à 1000 euros."

Parmi les personnes qui ont porté plainte, on retrouve Oussama Karan Ziani, 22 ans, qui a bien connu Rachid Haddach. "Je le considérais comme un grand frère. C’est une personne qui m’a énormément inspiré. J’ai grandi avec son fils depuis que nous étions en maternelle et avec qui j’ai suivi les cours du soir. Il me donnait toujours des conseils pour réussir mes études, il m’a inculqué de belles valeurs comme le fait de ne jamais rien lâcher. Il disait qu’on avait besoin de gens comme moi dans notre société", explique ce jeune qui suit des études d’éducateur. "Il m’a également appris à ne jamais répondre à la haine par la haine, en prônant toujours le vivre-ensemble et la bienveillance. Il suffit de regarder ses vidéos sur Youtube pour s’en convaincre. Il voulait donner une belle image de notre religion et de la jeunesse molenbeekoise."

Raison pour laquelle les commentaires haineux l’irritent au plus haut point. "Le Vlaams Belang le fait passer pour un prédicateur haineux, mais c’est totalement faux. C’était un fervent défenseur de la tolérance. Il a toujours affirmé qu’il fallait considérer l’humain en premier, et la religion ensuite. Quand j’ai vu tous ces commentaires, j’ai été choqué et anéanti. Je souhaite qu’on retrouve ces personnes pour qu’elles soient condamnées. Ce n’est pas une seule personne qu’est touchée mais bien l’ensemble de la communauté musulmane", conclut Oussama, qui va également porter plainte auprès de la zone de police Bruxelles Ouest (Molenbeek, Ganshoren, Jette, Koekelberg, Ganshoren)