Emmanuel De Bock s’étonne de l’opacité d’une opération immobilière menée par le CPAS de la commune et couverte par la majorité MR-Ecolo-CDH.

Dans sa tribune mensuelle à paraître ce lundi dans le journal communal le Wolvendael Magazine, le groupe Défi de la commune d’Uccle s’étonne de l’acquisition, par le CPAS ucclois, de deux maisons pour une somme avoisinant les 2,5 millions d’euros, tout compris. Ces deux maisons se trouvent en bordure du home Neckersgat, rue Achille Reisdorff plus précisément, là où devrait être érigée la maison de repos communale. Les propriétaires se sont opposés au projet du CPAS, jusqu’au Conseil d’État. Défi dénonce d’abord le prix d’acquisition. Puis l’opacité de l’opération.

"À la base, il était prévu un dédommagement de 400 000 euros par maison environ. Devant le refus des propriétaires, Bruxelles Fiscalité avait estimé le prix de ces maisons à 500 000-600 000 euros tout en proposant une surprime de 30 % vu le projet de maison de repos", explique Emmanuel De Bock, qui a pu lire les trente pages du dossier lors du dernier conseil communal, le collège refusant de le fournir à l’opposition à cause d’une clause de confidentialité jugée inique par Défi (lire ci-après).

"Les propriétaires ont refusé l’offre à plusieurs reprises, ont fait monter les enchères pour arriver à des montants largement supérieurs à la valeur de leurs biens : soit près de 2,5 millions d’euros pour les deux maisons car le CPAS prend à sa charge les frais de notaire et d’acquisition, les frais d’avocat, la TVA ainsi qu’un bonus !", s’époumone l’élu Défi devant une telle gabegie financière.

Autre faveur très surprenante offerte aux deux vendeurs : "La vente doit se faire dans le mois avec le versement de la totalité du montant. Les propriétaires peuvent rester dans leurs biens à titre gratuit pendant trois ans. Si le CPAS n’obtient pas le permis d’urbanisme pour la maison de repos après trois ans, les propriétaires pourront encore rester dans leurs maisons, déjà vendues au CPAS, moyennant un loyer de… 5 euros par jour ! Même le bourgmestre d’Uccle a reconnu que c’était du racket", poursuit Emmanuel De Bock.

Défi dénonce également l’opacité dans laquelle cette opération impliquant les deniers publics a été menée et épingle par la même occasion Ecolo, chantre de la transparence "quand ça l’arrange". "Au conseil communal, la majorité MR-Ecolo-CDH a fait passer en huis clos un point relatif à une modification budgétaire du CPAS. Pourquoi ? Cela engage l’argent des Ucclois. On nous a expliqué que le contrat entre le CPAS et les deux propriétaires contenait une clause de confidentialité."

Cette clause, qui justifiait donc le huis clos selon la majorité, stipule que si le montant des deux transactions est révélé, le CPAS doit leur payer 100 000 euros. "Cette clause est illégale", assure Emmanuel De Bock. "C’est totalement scandaleux ! C’est du jamais-vu ! Je ne comprends pas comment cette majorité peut à ce point ne pas respecter la loi."

Défi déposera plainte à la tutelle communale, celle sur les CPAS et au gouvernement régional "pour avoir empêché le débat public et sur les clauses de confidentialité".