Bruxelles Le chauffard a plongé une septuagénaire dans le coma et pris la fuite.

Il était 17h36, samedi, devant le Westland shopping center d’Anderlecht, quand le chauffeur d’une Mercedes a démarré en trombe malgré le feu rouge et renversé Jeannine Bombaert, 71 ans, qui traversait au passage piéton. L’homme a ensuite pris la fuite en laissant sa victime au sol, dans un état critique. Il est toujours recherché.

Fabian Jolly, 50 ans, le fils de la victime, ne cesse depuis de remuer ciel et terre afin de relayer son témoignage et, enfin, mettre la main sur le chauffard.

Ce dimanche, en fin d’après-midi, la septuagénaire était toujours plongée dans un coma profond. Elle souffre de fractures à la cheville, au tibia, au bassin et à la clavicule. Elle a trois côtes cassées ainsi qu’un pneumothorax.

Cette pensionnée a déjà subi deux opérations longues de quatre et trois heures, la seconde pour résorber un hématome au cervelet. "Elle ne va pas bien du tout. Le diagnostic est réservé et il nous faut attendre", souffle son fils.

Celui-ci a écrit de nombreux posts sur sa page Facebook, qui ont été largement relayés. Avec un certain succès : dimanche, un témoin direct de l’accident l’a contacté pour lui livrer des détails supplémentaires. "Il me dit qu’il a croisé la Mercedes en question à Drogenbos. Le conducteur voulait le dépasser alors que c’était impossible. Il s’est énervé et l’a suivi jusqu’au boulevard Sylvain Dupuis. Ils se sont retrouvés côte à côte au feu rouge, devant la statue de Jean-Claude Van Damme et le shopping où ma maman allait faire ses courses. Et là, il a démarré comme une fusée alors que le feu était rouge", raconte ce restaurateur basé à Dilbeek.

La Mercedes est de modèle CLS 2004, de couleur gris anthracite ou noir. Selon un témoin, elle serait abîmée. Quant au chauffard, il aurait la cinquantaine, de type caucasien, avec des cheveux gris et courts. "Le but, c’est de le retrouver. En lui mettant ainsi la pression, on espère qu’il va se rendre", appuie Fabian Jolly.

Plus de 190 délits de fuite chaque jour en Belgique

Chaque année, en Belgique, il y a plus de 70.000 cas de délits de fuite après un accident causant des dégâts matériels. Par exemple, en 2013, 73.044 cas étaient recensés. C’est plus qu’en 2014, où la police intégrée (police fédérale et zones de police locales) dénombrait 70.513 accidents matériels avec circonstance aggravante de délit de fuite. Et 2015 suit la même trajectoire. 35.624 personnes ont pris la tangente après avoir heurté un véhicule sur les six premiers mois de l’année. En ce qui concerne ce type de comportements après un accident corporel, c’est-à-dire ayant engendré au moins un blessé, la police et l’IBSR enregistrent une très légère régression. De 4.727 en 2011, nous sommes descendus à 4.421 en 2014. Et en 2015, le Belge semble moins incivique. Les PV comprenant un délit de fuite après accident corporel sont au nombre de 2.044 entre janvier et juin.

Lors d’accidents mortels, par contre, moins de Belges ont la mauvaise idée de filer à l’anglaise. Cependant, chaque année, la police dénombre plusieurs cas. Entre 2010 et 2013, le nombre de fuites après un accident mortel était respectivement de 19, 17, 17, 19. Par contre, en 2014, ce chiffre a gonflé pour atteindre 23 cas. Sur les six premiers mois de 2015, la police ne dénombre que 6 cas. La police avoue être assez démunie. "Ce n’est pas évident de lutter. Nous essayons d’être le plus réactif possible, mais ce n’est pas toujours suffisant." La loi est relativement stricte, pourtant. Des peines de prison de 15 jours à 2 ans et de lourdes amendes sont prévues. En cas de récidive, les peines et les amendes sont doublées.