Bruxelles Delphine Chabbert figurera en quatrième place sur la liste de Rudi Vervoort.

C’est ce qu’on appelle une belle prise de la société civile. Ce soir, le PS bruxellois annoncera officiellement l’arrivée de la secrétaire politique de la Ligue des Familles Delphine Chabbert sur sa liste. Normalement, cette Française, de Marseille, en cours de naturalisation devrait obtenir la quatrième place derrière Rachid Madrane, Fadila Laanan et Rudi Vervoort.

C’est d’ailleurs avec le ministre-président sortant que la Forestoise "depuis onze ans"  a confié à nos confrères de la DH les raisons de son passage "de l’autre côté du miroir".

C’est Jean Spinette (échevin PS de l’Instruction publique à Saint-Gilles) qui a fait le go between. "Nous nous sommes rencontrés lors des discussions sur les allocations familiales", rappelle Rudi Vervoort. "Nous n’étions pas d’accord sur tout mais j’ai pu apprécier sa fibre sociale." Un déjeuner en janvier dernier, un long moment de réflexion et voici le Rubicon franchi.

"Cela n’a pas été une décision facile à prendre. Je me suis posé plein de questions. J’ai eu des doutes aussi", confie Delphine Chabbert qui assure qu’elle ne va pas changer tout en ayant conscience que "le regard des gens sur moi va changer. J’ai l’impression de faire un choix un peu… total. Qu’il y aura clairement un avant et un après. Cette décision est une suite logique. Je me sens prête à passer à un degré d’implication supplémentaire."

Approchée par d’autres partis, elle n’a pas hésité sur le choix du PS. "Je suis très impliquée dans les réseaux militants, etc. Je suis en plein accord avec la colonne vertébrale idéologique du PS : sur les questions de solidarité telles que la sécurité sociale, la redistribution de l’impôt, les questions éthiques telles que le droit des femmes, l’IVG ou l’homoparentalité, etc. Sur ces points, le PS est irréprochable."

Titulaire d’un doctorat en anthropologie, Delphine Chabbert a longtemps fait de la recherche à Marseille et à Paris. Arrivée à Bruxelles "par amour", secrétaire politique de la Ligue des Familles depuis cinq ans, elle est donc une femme de dossiers, relatifs aux politiques sociales surtout.

"Je travaille depuis dix ans sur les politiques familiales, les politiques de parentalité mais, en tant que secrétaire politique de la Ligue des Familles, mon travail s’est porté, notamment, sur les politiques sociales", poursuit-elle, se réjouissant "d’entrer dans un collectif, de porter un projet commun, celui du PS. Je me retrouve vraiment dans ce projet porté par cette approche sociale des familles bruxelloises".

Ses ambitions si elle est élue ? "Je me verrais bien députée bruxelloise. Pour commencer, c’est déjà bien."

Un ancrage à Forest n’est pour l’instant pas d’actualité même si, en politique, tout peut aller très vite, dans un sens comme dans l’autre…


"Travailler pour les familles monoparentales"

Au sein du PS, Delphine Chabbert travaillera assez logiquement sur les questions de la famille. Elle insiste sur la situation très compliquée des familles monoparentales. "À Bruxelles, quatre enfants sur dix vivent sous le seuil de pauvreté. Nombre d’entre eux vivent dans des familles monoparentales, essentiellement des mères vivant seules et cumulant les difficultés. Je pense qu’il faut mettre en place des mesures ciblées pour ce public. La situation risque d’empirer si nous n’avons pas une approche volontariste dans le soutien à la parentalité mais, surtout, à la monoparentalité."

Delphine Chabbert estime encore que "la lutte contre les inégalités sera vraiment efficace que si l’on agit avant les trois ans de l’enfant. Il faut donc investir dans l’accueil à la petite enfance afin d’ensuite faciliter son parcours scolaire".

En matière d’égalité entre les hommes et les femmes, Delphine Chabbert assure que les femmes ont besoin de "services publics accessibles, de qualité et gratuits". "J’ai la conviction que la source des inégalités se trouve dans les familles. Je propose ainsi un congé de paternité allongé obligatoire. Il est important de travailler sur l’implication des hommes dans la famille et dans le soutien des femmes dans le travail."