L’enquête publique relative au projet visant à redynamiser le quartier de la gare du Midi devrait débuter en février 2020.

La gare du Midi est l’une des principales gares internationales d’Europe et la première de Belgique. Mais actuellement, l’aménagement urbain est de piètre qualité, et un important projet va voir le jour afin de redynamiser tout le quartier de la gare du Midi.

Aucune ligne concernant ce vaste projet ne figure dans l’accord de majorité du nouveau gouvernement PS, Ecolo, Défi, Groen, Open VLD, one.brussels. Pour le député MR Gaëtan Van Goidsenhoven, le temps presse et il est plus que temps d’avancer dans ce dossier. "Le plan d’aménagement directeur (PAD) qui est l’outil urbanistique pour le développement de ce projet semble dangereusement mis au frigo. Or, il y a un certain nombre de grands projets qui sont dans les starting-blocks et qui sont de facto coincés, à commencer par le fameux projet Victor (porté par le promoteur immobilier Atenor, NdlR) dont on entend parler depuis plus de 10 ans ! Ce projet doit voir le jour sur le chancre situé à proximité de la place Bara. Il prévoit la construction de logements et de bureaux", explique-t-il.

Du côté du cabinet du ministre-Président Rudi Vervoort (PS), on se veut rassurant : le projet de redynamisation de ce quartier est bien prévu mais la SNCB est propriétaire de plusieurs bâtiments, ce qui explique les lenteurs administratives. "Le schéma directeur proposait la déclinaison de la mise en œuvre du projet en deux phases successives, avec un horizon plus proche pour la zone située entre la gare et le centre-ville et un horizon plus lointain pour la zone située à Cureghem (autour de la rue de France). La position actuelle de la SNCB impose une révision de ce planning. Pour les îlots bâtissables, les projets de construction des sièges de la SNCB et d’Infrabel représentent une partie importante des développements dans la zone. L’achèvement de ces deux projets étant prévu pour 2023, la libération des îlots France-Bara, France-Vétérinaire et Atrium n’est possible qu’à ce moment", explique-t-on au cabinet Vervoort.

Le projet Victor et l’îlot des deux Gares peuvent ainsi s’inscrire à l’horizon 2023, ce qui permet d’équilibrer le développement des bureaux de la SNCB et d’Infrabel avec un développement de logements. Le développement du projet Jamar dépend du projet Constitution. En conséquence, son achèvement ne sera possible qu’à partir de 2025. Idem pour une partie du réaménagement de l’espace public, qui sera réaménagé suite au chantier Constitution.

"Par contre, une autre partie importante de l’espace public est indépendante du projet Constitution. Il s’agit notamment de la rue Couverte, une grande partie de l’esplanade de l’Europe et l’avenue Fonsny avec la place de la Constitution. Leur réaménagement peut être prévu dans les années à venir, ce qui permettrait de transformer le quartier de manière très significative", précise Rudi Vervoort.

Plusieurs acquisitions de parcelles stratégiques par le public seront essentielles pour pouvoir réaliser certains projets spécifiques comme la réalisation du parc de la Senne ou le développement cohérent de l’îlot France-Bara. "Des projets publics seront également importants pour assurer une diversité d’habitations et pour la réalisation des équipements d’intérêt collectif ou de service public", précise le numéro 1 de l’exécutif bruxellois.

Comme le schéma directeur, le projet de plan d’aménagement directeur (PAD) est en cours d’élaboration. Il prévoira un réaménagement ambitieux des espaces publics autour de la gare. Il s’agit plus particulièrement d’un aménagement paysager sur l’esplanade de l’Europe, elle-même libérée du trafic automobile, prévoyant des plantations et compatible avec le marché du Midi, ainsi qu’un réaménagement de l’avenue Fonsny avec la place de la Constitution.

Selon le cabinet Vervoort, le projet de PAD sera approuvé en première lecture en janvier prochain. L’enquête publique devrait démarrer en février 2020.

Pour Gaëtan Van Goidsenhoven, il faut que la Région pousse sur l’accélérateur. "Le quartier de la gare du Midi est un lieu de grand potentiel mais aussi un lieu de grande fragilité. La situation actuelle donne une mauvaise image à l’international et il est plus que temps que le nouveau gouvernement enclenche la vitesse supérieure", conclut-il.