Le toit de la piscine des Bains du Centre offre une jolie vue sur Bruxelles. Mais aujourd’hui, ce n’est plus sa seule particularité. L’endroit a en effet été choisi pour accueillir la première ruche d’un nouveau projet communal, qui vise à promouvoir la biodiversité au sein de Bruxelles.

Jeune apiculteur, Arthur Van Peene s’est montré directement très emballé par le projet, fait en collaboration avec la SRABE (la Société royale d’apiculture de Bruxelles et de ses environs). Après quelques complications administratives, qui dureront tout de même un an, il se dit "ravi" d’avoir pu enfin installer sa ruche sur le toit de la piscine.

La ruche, ou plutôt "la ruchette" puisqu’elle ne comporte que six cadres, compte environ 40 000 abeilles. Un début modeste pour l’apiculteur qui ne compte pas en rester là: "Pour l’instant, je n’ai qu’une seule ruche ici, mais j’espère bientôt m’agrandir et arriver à trois colonies (NdlR: le maximum légal pour ce projet)."

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la ville n’est pas plus néfaste pour les abeilles que la campagne: "Les pesticides répandus dans les champs laissent des grosses particules nocives sur les fleurs. Ces particules restent collées à l’abeille qui peut alors être victime d’une dérèglementation sensorielle. A l’inverse, les particules créées par le gaz, la poussière et la fumée des villes sont très petites. Elles s’accrochent moins facilement à l’abeille et donc engendrent moins de problèmes", explique Arthur Van Peene. De plus, l’emplacement est idéal pour ces insectes: le bâtiment est entouré de jardins fleuris. "Leur job maintenant, ça va être d’aller y chercher leur nectar."

Mais rien n’est jamais gratuit. En échange de l’emplacement, la Ville demande 10% de la production d’Arthur. Ce troc "mielleux" devrait notamment servir à des fins de sensibilisation. Le Directeur de la piscine, Jean-Luc Servais explique: "Il y a beaucoup d’enfants qui viennent ici. La ruche sera l’occasion d’une part, de leur faire goûter du miel rural et d’autre part, d’organiser des séances pour éduquer les plus jeunes sur la biodiversité, sur le lien entre eux et toutes les formes de vie dans le monde."

Au total, c’est une douzaine de ruches comme celle-ci qui doivent être réparties dans quatre endroits de Bruxelles. Un projet qui n’est pas sans précédent. En 2010, la Ville avait en effet fait installer trois ruches sur le toit de son centre administratif. Elles avaient fourni en deux ans plus de 200 kg de miel.

Avec ce projet, elle espère parvenir à 500 kg de miel par an.