Bruxelles

Les bureaux d'architectes gantois Robbrecht en Daem et bruxellois Baneton Garrino ont été retenus par la Ville de Bruxelles pour convertir le Palais de la Bourse en un centre d'expérience de la bière, ont annoncé jeudi, dans la Bourse, les partenaires du projet. 

La nouvelle attraction devrait être inaugurée fin 2018 et attirer annuellement quelque 300.000 visiteurs. Toute une équipe a été bâtie autour des deux bureaux, comprenant notamment une agence de communication bruxelloise, une agence japonaise d'éclairage et des scénographes anglais spécialisés dans la conception d'expositions interactives. "Toutes les Régions de la Belgique sont représentées avec une connaissance bruxelloise approfondie. L'intervention d'acteurs étrangers offre, en outre, un recul indispensable à ce type de projet", ont commenté les concepteurs qui ont le sentiment de démarrer "la construction d'une évidence", faisant référence à la place tenue par la bière en Belgique. Ils entendent faire de ce centre "un almanach géant de la bière belge, qui se situera à la frontière entre un musée et un parc d'attractions afin de toucher un public aussi diversifié que ne l'est la bière belge".

La Ville a salué dans le projet retenu "une conception scénographique et muséale en parfaite adéquation avec la mise en valeur et l'ouverture au public du Palais de la Bourse".

L'un des plus gros défis que se sont lancés les architectes et scénographes est en effet de permettre au public dans son ensemble et pas uniquement aux visiteurs du centre, de passer par l'intérieur du bâtiment, à l'instar des Galeries royales Saint-Hubert. La Bourse pourra être traversée de part en part avec des ouvertures aux quatre points cardinaux. Philippe Close, échevin des Finances et du Tourisme, y voit là une belle manière "de décloisonner le bâtiment pour mieux relier la Grand-Place au nouveau piétonnier".

L'innovation a également été saluée par le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort. "Au-delà de la protection du patrimoine, il faut le faire vivre et permettre aux Bruxellois de se le réapproprier", a-t-il commenté.

Le musée, qui à ce stade n'a pas encore reçu de dénomination officielle, s'articulera autour de la grande salle et comprendra une zone d'accueil, des espaces d'expérience de la bière belge, le site archéologique comprenant les vestiges du couvent des Récollets, un centre de séminaires, un commerce spécialisé dans la vente de bières et une terrasse panoramique de 800 mètres carrés sur le toit de l'édifice.

Le bâtiment de la Bourse est classé mais les concepteurs sont confiants en attendant l'aval de la Commission des Monuments et Sites, leurs projets préservant les parties d'origine de 1873.

Le budget estimé est maintenu à 25 millions d'euros et est bouclé pour 80%, a précisé M. Close: 7,2 millions d'euros proviennent de la Région bruxelloise et du Fonds européen FEDER, 5 millions de la Ville, 5 millions de Beliris et 5 millions des Brasseurs belges.

Ceux-ci entendaient s'inspirer d'exemples irlandais (Guinness Storehouse) et néerlandais (Heineken Experience) pour faire de la Bourse un véritable centre d'expérience sur 12.000 mètres carrés. Les brasseurs ont rappelé jeudi que leur intention, en intervenant dans cette initiative, était d'assurer la promotion de la bière belge dans son ensemble. Trente brasseries soutiennent actuellement le futur temple de la bière et la porte est encore ouverte pour d'autres, a commenté Charles Leclef, un des sept administrateurs de la société Belgian Beer Experience, créée en marge du projet.