Trois seuils pré-définis de pollution correspondront à différentes mesures, dont l'interdiction de circuler en voiture en fonction du numéro de la plaque d'immatriculation. Selon les statistiques, sauf aggravation globale du phénomène de pollution, un tel cas de figure pourrait se présenter une fois tous les deux ou trois ans, ce qui correspond à une fois tous les cinq ou six ans pour chaque immatriculation, l'alternance d'interdiction intervenant d'une phase de pic polluant à l'autre. Le seuil ultime, qui prévoit l'interdiction pure et simple du trafic automobile, ne s'est actuellement encore jamais présenté statistiquement dans la capitale.

L'entrée en vigueur de ce dispositif anti-pollution proposé il y a de nombreux mois par les ministres de l'Environnement Evelyne Huytebroeck et de la Mobilité Pascal Smet a été actée jeudi à l'occasion de la réunion du gouvernement bruxellois, a-t-on appris à bonne source jeudi soir.

Même s'il ne l'a pas (encore) communiqué officiellement, le gouvernement Picqué a bel et bien approuvé en quatrième lecture l'ensemble du dispositif qui a suivi un long parcours de consultation, d'enquête publique pour terminer par l'examen du projet d'arrêté qui le contient par le Conseil d'Etat.

Concrètement, lorsque la Cellule Inter-Régionale de l'Environnement prévoira des pics de pollution d'au moins 48 heures, en fonction des prévisions météo, les limitations du trafic interviendront à partir du deuxième jour de pollution excessive. Au premier seuil d'intervention (entre 71 à 100 microgrammes de micro-particules et de dioxyde d'azote), la vitesse sera réduite à 50 km/h, partout, y compris sur les quelques rares portions des artères bruxelloises où elle ne l'est pas en permanence.

En cas de dépassement du deuxième seuil d'intervention (de 101 à 200 mg/m3), le trafic sera interdit à la moitié du parc automobile en fonction du numéro d'immatriculation (pair ou impair). Les poids lourds de plus de 3,5 tonnes ne pourront plus circuler dans les 19 communes bruxelloises, aux heures de pointe. Le réseau de la STIB sera renforcé de 15 pc et son accès gratuit.

La Société des transports publics bruxellois recevra pour ce faire un montant forfaitaire de 600.000 euros couvrant le coût d'un tel dispositif pour deux jours par an. C'était déjà prévu dans son contrat de gestion.

Les véhicules dit prioritaires, c'est-à-dire destinés à la collecte des déchets, au transports de personnes (taxis et véhicules de personnes handicapées inclus) et ceux qui respecteront les normes environnementales les plus sévères échapperont à cette limitation.

Le dispositif bruxellois prévoit également l'interdiction totale du trafic automobile, lorsque le pic de pollution dépassera 200 microgrammes par m3 d'air. Mais ce niveau n'a jamais été dépassé jusqu'ici.