Il s'agit d'une initiative de l'ASBL PAG-ASA pour rendre visibles les victimes de cette exploitation souterraine. "Si vous pouvez les voir, vous pouvez les aider", est-il écrit à côté des silhouettes collées au sol. Un code QR renvoie à des témoignages en vidéo.

Selon l'estimation du Global Slavery Index, 23.000 personnes se trouveraient en situation d'esclavage moderne sur le territoire belge. L'ASBL PAG-ASA vient en aide à environ 200 victimes par an. "Nous voyons de nombreuses femmes venant du Nigeria, d'Albanie ou de Roumanie qui arrivent ici et sont exploitées dans la prostitution forcée", explique Sarah De Hovre, directrice de l'association. "On voit aussi de nombreux hommes venant d'Afrique du nord mais aussi d'Europe de l'est qui sont exploités sur les sites de construction, dans les restaurants, les car wash ou dans d'autres petits commerces."

Cette action s'inscrit dans le cadre de la campagne Blue Heart, qui vise à mettre fin au trafic des êtres humains. Elle invite les citoyens à s'investir pour aider les victimes à sortir de l'ombre. "C'est uniquement tous ensemble, en partenariat avec les différents acteurs de terrain, police, inspection, et justice, que nous pouvons mettre un terme au fléau qui est la traite des êtres humains", défend Sarah De Hovre. Elle remarque que le confinement a rendu la situation de ces victimes plus sombre encore: "Les services d'inspection et de police, déjà surchargés et en sous-effectifs, se sont retrouvés dans l'impossibilité d'effectuer les contrôles nécessaires pour retrouver et aider les victimes".

L'Office des Nations Unies contre les Drogues et le Crime (UNODC) a par ailleurs offert, jeudi en milieu de journée, un costume aux couleurs de la campagne Blue heart au Manneken-Pis. Il se compose d'un tee-shirt blanc et d'un short bleu. L'hôtel de ville de Bruxelles sera de plus illuminé en bleu durant la soirée.

© Belga
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