Bruxelles Des scellés ont été apposés lundi à l'avenue du Port pour empêcher l'abattage des platanes pour lequel l'autorisation du bourgmestre de la Ville avait été demandée, a-t-on appris lundi soir auprès du cabinet du bourgmestre Freddy Thielemans.

Selon le porte-parole du bourgmestre, l'abattage était programmé pour la nuit de lundi à mardi. L'autorisation du bourgmestre était nécessaire pour ce faire, mais celui-ci n'a pas eu à se prononcer, du fait de l'apposition des scellés à l'initiative du procureur du Roi. Toujours via son porte-parole, le bourgmestre a rappelé que dans ce dossier (de compétence régionale, NDLR), son intervention se limitait aux aspects de sécurité publique liés au chantier.

Interrogé lundi soir, le président d'Inter-Environnement, Mathieu Sonck, a précisé que l'apposition de scellés faisait suite à une plainte qu'il a déposée lundi auprès du procureur du Roi.

Selon lui, Inter-Environnement compte par ailleurs intenter une action en cessation, estimant que le permis délivré par la Région bruxelloise est illégal parce qu'il n'a pas été précédé d'un rapport d'incidences, parce qu'il prévoit l'aménagement d'un caniveau technique qui n'était pas dans la demande de permis et enfin parce que le même permis n'est pas assez motivé.

Le procureur interrompt les travaux de rénovation

Le procureur du Roi a fait interrompre lundi soir les préparatifs aux travaux de rénovation à l'avenue du Port à Bruxelles à la suite d'une plainte déposée par des riverains contre le permis accordé en vue de ce réaménagement. Le permis ne serait pas assez motivé, a indiqué la conseillère bruxelloise Zoubida Jellab (Ecolo).

"Le procureur du Roi est arrivé sur les lieux pour faire interrompre le travail sur le chantier. Aucune machine n'était cependant présente sur le site", explique-t-elle.

Ecolo revient à la charge; le MR veut un débat parlementaire

L'apposition de scellés pour empêcher l'abattage imminent des platanes de l'avenue du Port, à Bruxelles, a été mis à profit par les représentants Ecolo au gouvernement bruxellois, Evelyne Huytebroeck et Christos Doulkeridis, pour insister sur leur demande à la ministre bruxelloise des Travaux Publics, Brigitte Grouwels, de revenir sur le projet de réaménagement tel qu'actuellement envisagé. Via l'agence Belga, la ministre Huytebroeck a ainsi relancé "instamment" sa demande à Brigitte Grouwels d'abandonner le projet actuel et de ne pas tarder à en déposer un autre qui prenne en compte la sauvegarde des arbres et du patrimoine.

Pour la ministre de l'Environnement, il est possible de réaliser un autre projet moins coûteux d'ici la fin de la législature.

Au sein de l'opposition MR, le chef de file libéral Vincent De Wolf a précisé lundi soir avoir adressé un courrier à la présidente du parlement bruxellois Françoise Dupuis pour que celle-ci convoque une réunion anticipée de la commission de l'Aménagement du territoire.

A ses yeux, le projet ne tient plus la route puisque le projet de création d'un méga-centre logistique qui justifiait la nature du projet de réaménagement a disparu.

L'abattage des arbres prévu dans le projet ne repose sur aucune étude scientifique sérieuse quant à leur état.

Qui plus est, la nécessité d'un débat parlementaire est renforcée par l'attitude du gouvernement Picqué et par l'apposition de scellés à l'initiative du procureur du Roi, a insisté Vincent De Wolf.

De son côté, le cabinet de Brigitte Grouwels (CD&V) indiquait vouloir s'informer sur la portée de l'initiative du procureur du Roi et sur les prochaines démarches à entreprendre dans le cadre de ce dossier.