Une fois de plus, la brigade canine de la zone de police Bruxelles-Midi fait la une de l’actualité. Deux policières maîtres-chiens ont été suspendues, en début de semaine, le temps d’une enquête disciplinaire à propos d’une vidéo d’une de leur patrouille qui a été adressée à leur chef de corps.

Selon La Capitale qui révèle l'info, on entend les policières de la brigade canine dire, entre autres, "regarde les sales rats qui s'encourent. Ils ont peur de deux femmes".

La patrouille litigieuse aurait eu lieu place Lemmens, dans le quartier de Cureghem, à Anderlecht.

Une enquête a aussitôt été ouverte, a souligné Marie Verbeke, porte-parole de la zone de police Midi. En attendant que toute la lumière soit faite sur cette affaire, les deux femmes ont été suspendues pour un mois.

Une vengeance?

"Cette vidéo a été volée à mes clientes", s'est justifié Sven Mary, l'avocat qui défend les inspectrices. "Il s'agit d'une fraude informatique. Quelqu'un est rentré dans leur iCloud et s'est emparé de cette vidéo qui relève de leur vie privée. Une vidéo qu'elles n'avaient échangée qu'entre elles et qui date d'il y a deux ans".

En réaction, Sven Mary a déposé plainte dans le but de retrouver le hacker. "On va trouver son identité. Il faut tout de même se rendre compte qu'on suspend deux bonnes policières sur base d'un délit et d'une violation manifeste de leur vie privée. Cela ressemble à une tentative de décrédibiliser mes clientes qui font partie d'un collectif qui a dénoncé les agissements d'un commissaire."

Ce commissaire est accusé d'antisémitisme et de harcèlement.

En mai, cinq plaintes, dont l’une émane de la Ligue belge contre l’antisémitisme, ont été déposées contre Geert Verhoeyen, le responsable de la brigade. Le commissaire aurait diffusé "des chants nazis assez fort et pour que tout le monde l'entende". Selon la plainte, il aurait aussi affirmé que “les camps d’extermination et les chambres à gaz étaient de vastes bêtises, des mensonges”

Selon une autre plainte, il aurait qualifié les étrangers de “bougnouls”, “sacs de misères”. Une femme a également déposé une plainte contre le commissaire qui l'aurait traitée de “blonde de service” ou de “nunuche maniérée”.

Le commissaire a été provisoirement déplacé, le temps d’une enquête interne toujours en cours. A l’époque, le bourgmestre de Saint-Gilles et membre du Collège de Police de la zone Midi Charles Picqué (PS) avait déclaré. “Nous savons qu’il y a des conflits dans ce service mais ces conflits ne sont pas toujours liés, semble-t-il, aux faits évoqués aujourd’hui”.

La mise à l’écart des deux poilicières aurait-elle à voir avec ces plaintes ?