Drogenbos: l’événement propose plusieurs performances artistiques jusqu’à ce soir.

Attention, il y a une fuite !" Tous les regards se tournent vers l’entrée de la plaine où de l’eau jaillit du sol. Alors que les adultes cherchent un responsable du regard, les enfants se précipitent vers la fontaine presque naturelle pour se rafraîchir. Soudain, l’installation de compost se met, elle aussi, à rejeter de l’eau, sous forme de vapeur chaude cette fois. Ni une ni deux, les enfants escaladent l’échelle et s’agitent au-dessus du monticule, un sourire aux lèvres.

Power Pile

Un peu en retrait, Louisa observe la scène avec satisfaction : l’effet de surprise a fonctionné. Avec son collectif d’architectes et artistes berlino-bruxellois Collective Disaster, elle a imaginé et fabriqué cette installation de toutes pièces pour créer une centrale d’énergie. "Cette Power Pile est composée d’un tiers d’herbe et de deux tiers de copeaux de bois. Ce compost nous permet de chauffer de l’eau de manière naturelle. Il fournit la cuisine et la douche en plus des fontaines pour les petits et grands enfants."

Et en effet, alors que le jet de la fontaine faiblit, dans la cuisine, l’eau du robinet coule à présent normalement. "C’est encore très expérimental mais l’idée est de revenir à la nature. Idéalement, il faudrait trois semaines pour que le système soit vraiment efficace. Là, ça ne fait que sept jours qu’on est installés." Qu’à cela ne tienne, les visiteurs font avec et patientent avant de pouvoir tester le spa. Outre les vapeurs d’eau, une séance de sauna finlandais est offerte dans une petite cabine en bois et en plastique. "L’idée est de rendre les saunas publics accessibles à Bruxelles pour favoriser la sociabilité entre les gens", explique Anna Clarac, du projet Koti Sauna.

Une petite bulle de détente, à deux pas de l’autoroute et de la marée de garages présentant fièrement leurs modèles les plus prestigieux le long de la Grand’Route de Drogenbos. Le contraste est recherché : depuis 2013, l’objectif du festival PeriFeria est de mettre la périphérie bruxelloise sous le feu des projecteurs. Visites guidées, interventions artistiques, jeux et spectacles : le programme est très diversifié.

Entre fiction et réalité

Dans le champ mitoyen, un groupe d’archéologues s’est vu confier une mission de la plus haute importance : fouiller le site pour vérifier la rumeur qui laisse entendre que des restes de l’Expo 58 y sont enterrés. À travers cette performance mêlant fiction et réalité, le K.A.K., le Klub archéologique de Koekelberg, entraîne son public sur le site des fouilles avant de l’emmener dans un univers un peu plus absurde.

Après deux performances réussies ce vendredi, la troupe du K.A.K. vous attend ce samedi pour deux nouvelles représentations, à 15 h et 19 h. Et pour que le spectacle soit vraiment participatif, elle vous invite à venir avec un objet à enterrer. "Ça peut être un fragment de vie qu’on est prêt à laisser derrière nous ou un objet symbolisant un aspect néfaste de la modernité qu’on aimerait enterrer."

Visites guidées, jeux et spectacles sont au programme.