Bruxelles La saga des Tour et Tassis a été évoquée à l’église du Sablon et au Conservatoire.

En présence du prince Lorenz et de l’archiduchesse Anne Gabrielle d’Autriche mais aussi du prince Dimitri della Torre e Tasso, la Ville de Bruxelles à travers Geoffroy Coomans de Brachène, l’échevin de l’Urbanisme et du Patrimoine de la Ville de Bruxelles ainsi que le Quartier des Arts et les Amis de l’église Notre-Dame au Sablon ont dignement commémoré, mercredi, le cinquième centenaire de la Poste internationale et donc aussi de la Poste européenne ! On l’a oublié mais c’est à Bruxelles qu’elle a été portée sur les fonts baptismaux en 1516. C’est le roi Charles Ier, le futur Charles Quint qui accorda à la famille Tour et Tassis, la direction et le monopole postal. Entré en vigueur le 15 novembre 1516, ce traité de poste permit pour la première fois l’utilisation par des personnes privées de la liaison postale. Cela permit d’augmenter considérablement les routes postales des Tour et Tassis qui créèrent un service postal partout où se trouvaient les rois de France et d’Espagne.

Une fameuse avancée qui permit de relier l’Espagne, l’Italie, la France et l’Allemagne. Et Bruxelles deviendra ainsi la plaque tournante de l’Empire sur lequel le soleil ne se coucherait jamais…

Monopole avant la lettre

C’était aussi l’octroi d’un beau monopole avant la lettre puisque ceux qui voulaient aussi s’occuper de postes devaient solliciter l’autorisation de François ou de Jean-Baptiste de Tassis.

Vu ses nombreuses implications, on parla de "Magna Carta" des postes pour le trafic postal qui ne se limita pas au transport de lettres puisqu’il s’ouvrit aussi à celui des personnes !

Si la Ville et les deux prestigieuses associations du centre-ville ont marqué l’événement au Sablon c’est évidemment parce que ce quartier joua un rôle important, géographiquement s’entend, dans leur essor ! C’est là que se situait l’ancien Hôtel des Tour et Tassis à l’emplacement de l’actuel Conservatoire royal de Bruxelles. Une double plaque le rappelle sur la façade avant d’un bâtiment qui mériterait à coup sûr un meilleur traitement - dans tous les sens du terme - des autorités mais elles rappellent qu’elles y travaillent !

Par ailleurs, l’église du Sablon abrite la chapelle funéraire de la famille de Tour et Tassis, symbolisant aussi en quelque sorte leur arrivée dans la cour des grands et parmi les cours des Grands…

Et l’histoire avec ou sans majuscule continue puisque le prince Dimitri de Torre et Tasso réside lui-même dans ce quartier huppé de la capitale !

On aura compris pourquoi Georges Jacobs au nom du Quartier des Arts (le plus ancien comité de quartier de la capitale) et Daniel van Steenberghe au nom des Amis de l’église du Sablon tenaient beaucoup à organiser une cérémonie, parfaitement rejoints dans leur démarche par l’échevin Coomans. Cerise sur le gateau : outre les invités de marque précisés au début de ce papier, on a remarqué la présence des Snaphans de l’Ommegang de Bruxelles.

Mais encore ? Ces personnages tout de jaune et de noir vêtus formaient la garde rapprochée de Charles Quint. En Histoire, tout se tient…

Cinquante documents historiques

A ce propos, signalons l’apport de Vincent Schouberechts qui vient de publier un superbe album sur 500 ans d’Histoire de la Poste à travers 50 documents historiques. Un ouvrage paru chez Lannoo qui reprend notamment la lettre de Charles Quint qui octroie le monopole à la famille Tour et Tassis…