Le Premier ministre Elio Di Rupo a fermement condamné mardi l'incendie d'une mosquée, lundi soir à Anderlecht, et a dit avoir confiance en la justice, "qui est d'ailleurs occupée à faire son travail afin de clarifier la situation".

"Mes premières pensées vont à la victime et à ses proches mais je condamne fermement la violence utilisée lors des faits", a déclaré le premier ministre à l'agence Belga en marge d'une conférence de presse organisée par Google et le Mundaneum.

"Il faut attendre les premières constatations sur ce qu'il s'est réellement passé, mais nous examinons ce drame avec beaucoup attention", a-t-il ajouté.

Joëlle Milquet : "L'individu serait issue de mouvements très radicaux"

"Un individu est entré dans la mosquée avec des armes blanches, de l'essence, etc. Il a organisé un incendie criminel qui a causé la mort de l'imam. Le suspect est entre les mains de la justice, c'est l'indignation ici, le choc, l'émotion. On attend toujours de connaitre le mobile de la personne qui a commis cet acte" a réagi la Ministre de l'Intérieur pendant le "12 minutes" de la RTBF.

"Il semble que ce soit quelqu'un issu de mouvements très radicaux, d'après des informations qui restent à confirmer. C'est sans doute l'un des motifs. Mais je parle avec toute la prudence nécessaire car l'enquête doit suivre son cours."

Vincent De Wolf (MR) condamne l'acte

Le chef de file MR au Parlement bruxellois Vincent De Wolf a condamné, lundi soir dans un communiqué, l'"acte criminel qui a visé la mosquée de la rue Docteur de Meersman à Anderlecht et causé la mort du cheik de ce lieu de culte".

"Sans connaître des motivations de l'auteur de cet acte meurtrier que l'enquête judiciaire aura à déterminer, Vincent De Wolf est particulièrement préoccupé que cet acte criminel ait visé un lieu de culte, symbole de la communauté musulmane de Bruxelles", souligne le communiqué.

"Dans un état démocratique, la préservation de la liberté individuelle, philosophique et religieuse, est essentielle. Tout atteinte doit être sévèrement condamnée", estime Vincent De Wolf.

De son côté, Le président du MR Charles Michel s'est dit "choqué et indigné" par l'incendie d'une mosquée à Anderlecht. "Sans connaître les motivations précises de cet acte, je forme le voeu que rapidement la lumière soit faite sur les motifs de cet acte de violence. Il appartiendra alors à la justice de sanctionner les auteurs de cet attentat".

M. Michel ajoute: "Dans une société démocratique et multiculturelle comme la nôtre, nous devons impérativement assurer le respect mutuel et la coexistence pacifique entre personnes de confessions religieuses différentes et donc garantir la sécurité des lieux qui favorisent les échanges et les rencontres entre citoyens."

Et de rappeler que le MR plaide pour "la neutralité de l'Etat, laquelle est la meilleure garantie pour permettre à chacun qui le souhaite de pratiquer son culte librement".

Le cdH bruxellois s'est également dit scandalisé par l'attentat

Pour Hamza Fassi-Fihri, son président, et Céline Fremault, cheffe de groupe au Parlement bruxellois, on ne peut accepter aucune dérive violente dans un État de droit, ni aucune atteinte à la liberté de culte et de conscience.

Il est dès lors essentiel de bannir toute haine à l'égard de l'une ou de l'autre communauté.