Suite à une liquidation judiciaire, la clinique Antoine Depage, rue Henri Jaspar à Saint-Gilles, a mis fin à ses activités fin 2019. Malgré sa localisation, ce bâtiment de plus de 3000 m² appartient au Centre public d'action sociale (CPAS) de la Ville de Bruxelles. En septembre 2020, le conseil communal de Saint-Gilles vote l’acquisition de l’ancienne clinique afin d’y construire 20 logements publics. Le prix de vente s'élève alors à 3,5 millions d'euros.

Sept mois plus tard, le CPAS de Bruxelles demande une nouvelle expertise. Le bâtiment est alors évalué à 4,6 millions d’euros. L’accord avec la Régie Foncière de Saint-Gilles est alors rompu.

" Nous avons découvert avec surprise, il y a environ deux semaines, sur le site Immoweb une annonce de vente de l'immeuble pour faire des bureaux pour 4,6 millions d'euros, s'étonne Mathilde El Bakri, conseillère communale PTB à la Ville de Bruxelles. Il s’agit d’une opération qui vise à réaliser une plus-value en vendant au plus offrant du patrimoine collectif alors qu’il y avait un projet de logement public. Il y a déjà un excédent de bureaux dans la zone. Dans un contexte de crise du logement et sociale, il est essentiel de construire des logements publics de qualité et accessibles pour M. et Mme Tout le Monde. Cette opération n'est pas digne d'un service public. Nous demandons que le CPAS fasse marche arrière."

Ce qui révolte également l'élue, c'est le sort réservé aux travailleurs et familles sans papiers qui occupent l'ancienne clinique. "On leur a dit qu'ils devaient quitter les lieux dans six mois sans alternatives."

Pour le CPAS, cette vente pour faire des bureaux est une rumeur. "On n'a jamais parlé de bureaux. Dans le cadre d'un plan logements, les logements sont notre priorité, rappelle Florence Cabrera, attachée de presse de Khalid Zian, président du CPAS. Pour le moment, les critères et modalités de la vente ne sont pas décidés. La vente n'est pas encore ouverte officiellement, c'est en discussion".

Concernant les occupants sans-papier, le CPAS a signé une convention d'occupation précaire qui prendra fin le 30 juin. "Le CPAS travaille en collaborations avec la Région bruxelloise pour leur trouver des solutions de relogement".

Le PTB avait déposé une motion au conseil communal de ce lundi mais l'interpellation a été rejetée par le Collège.