Etterbeek enclenche la vitesse supérieure sur le port du masque dans les espaces publics. 

Vincent De Wolf (MR), le bourgmestre de cette commune bruxelloise, a signé, samedi, une ordonnance de police visant à rendre obligatoire, à partir du 11 mai, le port du masque (ou de toute alternative permettant de couvrir la bouche et le nez) dans les lieux publics où le maintien d’une distance de 1,5 mètre entre les personnes est difficile à respecter. L’ordonnance précise que la mesure s’applique à tout individu de plus de 12 ans qui circule dans les artères commerçantes, notamment la rue des Tongres (Mérode) et la chaussée de Wavre (La Chasse), au sein des commerces, ainsi que dans un rayon de quinze mètres autour de l’entrée des écoles.

La stratégie de déconfinement décidée par le Conseil national de sécurité prévoit que le port du masque n’est obligatoire que dans les transports en commun, dès ce lundi 4 mai. "La décision d’aller au-delà […] apparaît s’imposer, à l’échelle locale, dans certains lieux spécifiques", ceux, donc, où il est difficile de respecter les règles de distanciation sociale, a justifié le bourgmestre. Mais ce qui étonne dans cette décision, c’est que Vincent De Wolf avance seul (en tout cas, en Région bruxelloise), alors que, début mars, il dénonçait la décision isolée de son homologue de Woluwe-Saint-Lambert, Olivier Maingain (Défi), d’interdire aux personnes revenant d’Italie (premier foyer du Covid-19 en Europe) de circuler dans certains lieux publics. Il dénonçait alors "un arrêté panique assez grotesque".

"Lorsque M. Maingain est sorti sur le sujet, c’était une initiative tout à fait isolée, ponctuelle, qui n’avait aucun sens dans une commune par rapport aux autres", s’est défendu M. De Wolf au micro de RTL, samedi. Or, cette fois-ci, poursuit-il, ses collègues bruxellois ont été informés de sa décision et, en plus, dit-il, une telle mesure n’est pas nécessaire dans toutes les entités de la Région.

Une décision illégale ?

Mais un autre problème pourrait se poser, celui de la légalité de la mesure. La crise est telle que sa gestion est remontée depuis quelques semaines au niveau fédéral. Or, dans ce cas, indique le Centre de crise national, les bourgmestres voient leur autonomie amputée et doivent se plier aux injonctions du fédéral. Le but est justement d’harmoniser les actions sur tout le territoire national. La RTBF indiquait samedi que les communes de Dour, Hensies, Quiévrain et Honnelles pourraient elles aussi adopter un arrêté de police visant à imposer le port du masque. Mais le gouverneur de la province du Hainaut, Tommy Leclercq, a laissé entendre qu’il devrait peut-être casser les décisions communales.

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