Fusillade à la Justice de Paix à Bruxelles: 2 morts

Bruxelles

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Fusillade à la Justice de Paix à Bruxelles: 2 morts
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L'auteur de la fusillade jeudi matin au Palais de Justice de Bruxelles serait entré, aurait tiré sur le greffier à bout portant, puis lui aurait porté un coup de hache dans le dos, selon plusieurs médias. Il aurait touché mortellement au visage la présidente du tribunal de Justice de Paix Isabelle Brandon, rapporte également plusieurs sources.

Le suspect serait d'origine albanaise et impliqué dans un dossier de garde d'enfants qu'il se disputait avec la mère. Il aurait été mécontent d'une décision de la présidente du tribunal de justice de Paix du 4e canton. Au moments de faits, la panique aurait immédiatement gagné les personnes présentes d'après un témoin, révèle Le Soir. Une odeur de poudre régnait dans la salle d'audience, située dans une annexe du Palais de Justice à quelques mètres de la place Poelaert. Les témoins se cachaient ou fuyaient après la fusillade.

"La salle contenait deux à trois avocats, la juge, le greffier et l'auteur dès le début des audiences selon les premiers éléments de l'enquête", a déclaré le porte-parole du parquet de Bruxelles au cours d'une conférence de presse en urgence, trois heures après les faits. L'un des avocats aurait pris en chasse l'auteur qui prenait la fuite à pied mais il n'est pas parvenu à l'intercepter. La police compte sur son témoignage pour établir un portrait-robot. Son signalement a également été transmis par radio.

Les faits se sont passés à l'intérieur des bâtiments de la justice, ce qui fait resurgir la question de la sécurité des cours et tribunaux. En 2009, après deux évasions de détenus du palais de justice, la question de la sécurité du palais était au centre des débats. Le ministre de la Justice, Stefaan De Clerck, avait alors émis l'idée d'un déménagement des cours et tribunaux vers des bâtiments plus modernes et conçus pour une meilleure sécurité.

Toutefois, les avocats des barreaux francophone et néerlandophone de Bruxelles manifestaient encore mardi contre ce projet. Pour eux, le palais de la place Poelaert est l'incarnation de la justice même. Il ne peut être abandonné ou affecté à d'autres activités.

Pour Yves Ochinsky, bâtonnier de l'ordre francophone des avocats du barreau de Bruxelles et Nivelles, le problème de la sécurité n'est qu'une excuse. "Il ne faut pas négliger les mesures de sécurité, mais il ne faut pas non plus exagérer le problème. On compte très peu d'incidents avant ces deux évasions de l'année passée", avait-il confié mardi.

Deux jours plus tard, le bâtonnier est consterné d'apprendre qu'un juge et un greffier ont été abattus dans leurs locaux de fonction. "Je pense que c'est la première fois qu'un juge de paix est abattu", a-t-il commenté jeudi. "Cela pose évidemment la question de la sécurité de ces juges de proximité qui ont un véritable rôle social et qui font un travail formidable dans les petits conflits entre les justiciables. On est loin des grands procès criminels. C'était impensable", a-t-il conclu.

Il a également décrit la juge de paix décédée comme "un juge remarquable qui prenait toujours son temps pour écouter les différentes parties en présence afin d'analyser tous les aspects de l'affaire". "C'était une femme très consciencieuse et sa mort est une grande perte", a-t-il ajouté.

Les coups de feu ont été tirés dans une annexe du bâtiment de la rue Ernest Allard. Le ou les auteurs ont pris la fuite en direction du quartier des Marolles. Deux ambulances et une voiture du service médical d'urgence étaient sur place vers 12h30.

La rue a été bouclée des deux côtés et de nombreux policiers sont également sur les lieux. Le chef de corps de la police de Bruxelles, Guido Van Wymersch, est arrivé immédiatement après les faits, tout comme le premier président de la cour d'appel, Antoon Boyen. Ils étaient accompagnés par le directeur-général de la police fédérale judiciaire Glenn Audenaert et par le procureur du roi de Bruxelles, Bruno Bulthé.

Le parquet de Bruxelles n'a confirmé ni la nationalité de l'auteur présumé, ni le fait qu'il aurait été mécontent d'une décision prise par la juge quelques jours plus tôt. Présent dès le début des audiences ce jeudi, l'homme n'aurait, selon les premiers éléments de l'enquête, prononcé aucune parole avant de commettre son geste. Il a ensuite fui à pied, avec son arme.

Selon le parquet de Bruxelles, "aucun élément ne permet à ce stade d'affirmer qu'il aurait été mécontent d'une décision de justice". De même, le parquet s'est refusé à confirmer la nationalité de l'auteur présumé, qui serait albanaise selon plusieurs sources. D'autres affirment que l'auteur aurait fui blessé, ce que le parquet a également refusé de confirmer.

Le parquet est également resté discret sur l'identité des victimes, la juge de paix du 4e canton, 61 ans, et son greffier, "certains membres des familles n'ayant pas encore été mis au courant", a précisé Jean-Marc Meilleur, son porte-parole.

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