Fin de l’insécurité pour les habitants et le quartier !" Jeudi, à peu d’heures de la Toussaint et de l’ouverture officielle du plan hiver, Emir Kir (PS) a pris l’arrêté de police tant redouté. Au motif "d’atteinte à la sécurité, à la tranquillité et à la salubrité publique", le maïeur a ordonné l’évacuation des 225 occupants du couvent Gesù, sis 2 rue Traversière. Ce qui, hier, a suscité émoi et mobilisation.

"Cela fait des semaines qu’on demande l’aide des pouvoirs publics pour sécuriser les lieux et vous accompagner dans le relogement", commenta, dans la cour de l’ex-couvent squatté, Georges-Henri Beauthier. Face aux squatteurs, face à l’opposition politique tennoodoise et des voisins, face à des ASBL venues défendre ces démunis, l’avocat de ceux-ci ne mâcha pas ses mots. "Jamais nous n’avons eu de contact avec le bourgmestre. Il n’a jamais estimé devoir répondre à nos mails, fax et coups de téléphone. C’est regrettable…"

Ils étaient tous là , pacifiquement, à apporter de l’eau au moulin du groupe qui, ce jour, dès potron-minet peut-être, risquait à nouveau d’être sans toit. "Demain matin (lisez, ce samedi, NdlR), il y aura 50, 60 ou 100 gendarmes obéissant à un ordre déraisonnable, déloyal et inhumain", martela l’homme de loi.

Consœur bossant pour TV Brussel, Katherine vit au 157 rue Royale. Hors son apport en vêtements, elle s’est étonnée de l’arrêté d’expulsion. "Il n’y a jamais eu de problèmes", certifie-t-elle.

A 70 piges presque sonnées, Jacques Wathelet, "domicilié à Ottignies Louvain-la-Neuve", le bénévole "quasi quotidien", tient un discours nettement plus nuancé. "J’ai découvert ce squat il y a quatre mois. Je me suis inquiété des soucis d’hygiène, de sécurité. J’ai réuni les habitants, avec l’Union des locataires marollienne. Et on y a mis un grand coup. Le site a été nettoyé de fond en comble. Puis, est tombé l’avis d’expulsion. Je crois à la mobilisation…"

Pendant ce temps-là, chacun espérait une réunion de la dernière chance. Avec Christos Doulkeridis (Ecolo), secrétaire d’Etat au Logement. Avec le maïeur. Une réunion qui ne vint jamais.