Michel, Jean-Claude et Frédéric sont très concentrés ce mardi après-midi à l’heure de débarrasser de ses feuilles mortes et de ses mauvaises herbes le jardin d’une riche propriété uccloise. Armé d’un râteau, Michel, 57 ans, rassemble méticuleusement les feuilles rouges et orangées afin d’en faire différents petits tas. Affichant également un visage absorbé, Jean-Claude, 53 ans, est occupé, quelques mètres plus loin, à la même tâche. Après être allé déposer un gros sac de déchets à l’arrière de la camionnette de leur société de jardinage, Frédéric, 23 ans, immobile, semble attendre les consignes de Roberto, le moniteur qui gère l’équipe. En attendant, le jeune homme observe, totalement captivé, Jean-Claude qui est occupé à son déblaiement.

Entreprises de travail adapté

Alors que ce mercredi se tient la journée internationale pour les personnes handicapées, l’occasion est belle de voir de l’intérieur ce que font réellement les entreprises de travail adapté. Les trois jardiniers sont en effet employés par Les Jeunes Jardiniers, une des 13 entreprises bruxelloises de travail adapté qui permettent à des handicapés d’avoir accès au marché du travail. "Il s’agit de concilier professionnalisme et finalité sociale. Notre objectif est de proposer les mêmes services que nos concurrents", indique Vincent Galand, le directeur de l’entreprise qui emploie 130 personnes dont 100 travailleurs ayant un handicap. Celui-ci explique ainsi avoir un jour quitté le secteur privé pour le monde du travail adapté pour "donner un sens à son travail" .

Plaisir

Ce mardi après-midi , alors que le thermomètre flirte avec le zéro, c’est le sourire aux lèvres que les quatre compères nettoient le jardin ucclois. Michel est très nerveux et sujet aux crises d’épilepsie, Jean-Claude souffre d’un certain retard, tandis que le jeune Frédéric, lui, est autiste. Si leur handicap diffère, chacun, perdu dans ses pensées, travaille pourtant avec le même plaisir non feint.

"Il y a quelques années, je pouvais me battre avec quelqu’un quand il me disait quelque chose qui ne me plaisait pas. Maintenant, je vais réagir différemment", assure Michel. Et si l’homme doit prendre encore 12 pilules le matin pour neutraliser ses tendances épileptiques, avoir la main verte lui fait visiblement un bien fou.

"J’aime faire les haies et les parterres", explique Jean-Claude, de son côté, en cherchant un peu ses mots. Quant à Frédéric, interrogé sur ses tâches préférées, il répond spontanément : "J’aime tirer des branches et pousser des brouettes chargées !"