Comme députée fédérale sous la législature précédente, Françoise Schepmans avait déposé, en 2017, une proposition de résolution en vue d’interdire la vente de ce produit aux mineurs. Elle réitère son appel et invite le gouvernement bruxellois à intervenir.

Le protoxyde d’azote, connu sous le nom de gaz hilarant, est devenu, ces dernières années, la distraction à la mode chez certains jeunes. Utilisé pour les bombes à chantilly, ce gaz, contenu dans de petites fioles argentées, est en vente libre à moins d’un euro la capsule. Inhaler le "proto" procure, dans un premier temps, un sentiment de bien-être. Pourtant, l’accoutumance et les effets néfastes sont bien réels : gelures du nez et des lèvres, désorientation, perte d’équilibre voire, dans les cas extrêmes, des anesthésies et des crises cardiaques. D’une capsule, les usagers en viennent rapidement en utiliser plus d’une dizaine afin de trouver des sensations de bien-être.

"Le danger réside là, affirme Françoise Schepmans (MR). Ce gaz n’est pas perçu comme une drogue par les jeunes mais bien comme un produit festif. Au départ d’une capsule, la consommation peut rapidement augmenter et devenir une accoutumance. En 2017, j’avais déposé une proposition de résolution au Parlement fédéral en vue de demander l’interdiction de vente du protoxyde d’azote aux mineurs. A l’époque, la ministre de la Santé avait argué "qu’aucune intoxication grave au gaz hilarant n’a encore été rapportée en Belgique et que, par ailleurs, il n’y a actuellement aucun signe dans notre pays d’un abus répandu et/ou hors de contrôle de protoxyde d’azote". A Molenbeek, une campagne de sensibilisation dans les écoles et les associations avait été lancée. On se rend bien compte aujourd’hui qu’il y a urgence en la matière !"

Après Evere, la commune de Saint-Josse vient d’en interdire la vente aux mineurs. "Saint-Josse interdit sa vente mais cela n’empêchera évidemment pas les jeunes à en acheter deux rues plus loin sur Schaerbeek. Le gouvernement bruxellois, qui dispose de compétences en matière de santé publique, doit prendre des mesures d’interdiction pour l’ensemble de la Région", conclut la première échevine de Molenbeek.