Mardi soir, à la demande de la zone de police Bruxelles-midi, plusieurs associations de défense du bien-être animal sont intervenues dans une école de Forest pour y saisir une trentaine d'animaux. Parmi eux : des poules, des lapins mais aussi des alpagas, des maras, des autruches et des hiboux grand duc. Selon l'association Animaux en Péril, les animaux devaient se partager quelques dizaines de mètres carrés coincés entre un bâtiment industriel et le chemin de fer. "L’environnement n’était composé que de véritables geôles à ciel ouvert, au sein desquelles l’horreur du décor n’avait d’égal que l’odeur pestilentielle qui se dégage des lieux. Coincés entre un haut mur et des grilles de chenil, les animaux pataugaient dans une fange composée d’urine, d’excréments et de boue. L’étroitesse des lieux est tout simplement scandaleuse, en particulier pour les animaux plus exotiques comme les Maras ou les autruches", relate ainsi Jean-Marc Montegnies, président de l'association.

Sur sa page Facebook, l'école donne toutefois une tout autre version des faits. "Les nombreuses personnes qui ont visité notre établissement ont été témoin de l'amour et du respect que nous portons aux animaux et du fait que jamais et du fait que jamais il n'y a eu une quelconque forme de maltraitance au sein de notre fermette. Les animaux ont été acquis de manière légale possèdent leur certificat d'identité et sont soignés régulièrement", affirme la direction. Selon elle, les images publiées par les associations "ont été prises à la fin d'une journée pluvieuse et sorties de leur contexte avec des intentions malveillantes."

Celle-ci indique par ailleurs qu'elle souhaitait faire en sorte d'acquérir prochainement le statut de ferme pédagogique. "Par cette intrusion, nous avons été interrompus dans notre travail de régularisation administrative, de formation et de de construction pour devenir une ferme pédagogique reconnue et aux normes. Notre école avait même pris l'initiative de s'affilier à une association de sensibilisation au bien-être animal", assure la direction.

Vendredi matin, l'association Les Fermes pédagogiques a cependant tenu à prendre ses distances avec l'établissement forestois. "Pour le réseau wallon des Fermes Pédagogiques, l’utilisation de la dénomination officielle "Ferme Pédagogique" pour qualifier cet établissement est bien malvenu et très inapproprié. Une ferme pédagogique n’est en rien comparable avec un parc privé de ce genre. C’est une ferme qui place le bien-être animal et l’éducation comme base de toute découverte de la vie à la campagne", affirme l'association.

De nombreux parents d'élèves et sympathisants de l'établissements scolaire ont publié des messages de soutien à l'attention de la direction. "Il ne passe pas un jour sans que les enfants évoquent les animaux qu'ils aiment tant", a commenté une personne. Dans un autre registrent, de nombreux commentaires rappellent  que l'école en question a été qualifiée à tort de coranique. "Il ne s'agit pas du tout d'une école coranique. On n'y apprend pas le coran. C'est une école comme toutes les autres si ce n'est qu'on n'y donne pas de cours de morale ni de cours de religion catholique. De plus, je pense sincèrement que le directeur n'a pas voulu mal faire. Il s'est pris à son propre jeu et a sans doute accepté plus d'animaux que ce qu'il aurait dû mais ça n'en fait pas un mauvais directeur pour autant", estime une ancienne enseignante.