Est-ce le hasard ou la Providence qui m'a conduit au Burundi, toujours est-il que j'y ai réalisé deux voyages qui m'ont confronté à une véritable détresse humaine», s'exclame ému Luc Torrini.

Voilà deux ans que ce jeune professeur de religion protestante a découvert ce pays d'Afrique centrale, situé dans la région des Grands Lacs. «Le Burundi (NdlR: ancien protectorat belge) a vécu dans les années 90 une guerre interethnique meurtrière qui a fait des centaines de milliers de victimes et laissé 240 000 orphelins. J'ai rencontré les autorités locales et je me suis dit que je ne pouvais pas quitter ce pays sans rien faire», raconte Luc.

Plein la tête d'images fortes, Luc revient enthousiaste. Et décide de se jeter à l'eau: «je me suis dit que je devais m'engager dans un projet concret».

Parallèlement à cet enthousiasme effréné, il met en place une structure professionnelle, composée de divers acteurs et chargée de donner vie au projet.

En Belgique, ce petit comité travaille avec l'intermédiaire du Service d'entraide et de liaison (SEL), en passe de devenir une ONG, et au Burundi avec l'Agence pour le développement et la protection de l'environnement (Adepe), fondatrice de l'Université Lumière de Bujumbura. En outre, de nombreux contacts ont été établis avec d'autres partenaires (ONG, ambassade du Burundi, ministère belge de la Coopération au développement, gouverneur de la province de Muramvya...).

Concrètement, Luc et ses amis souhaitent implanter un village, «Imuhira» («à la maison» en kirundi), au nord-est de Bujumbura, dans la province de Muramvya, dont le gouverneur a octroyé une parcelle de terrain de 3,5 ha. Et près de 15 ha ont encore été promis.

«Il y a urgence! 45 pc de la population burundaise a moins de 15 ans et près d'un enfant sur cinq meurt», avertit Luc. Et d'ajouter, «en 2005, un nouveau gouvernement a été élu démocratiquement et a rendu la scolarité de base obligatoire et gratuite».

Or, les infrastructures scolaires font cruellement défaut. C'est pourquoi la 1re phase de construction du village sera dédiée à un orphelinat, une école primaire et une école maternelle. «La stabilité politique et l'éducation des enfants sont le gage de la reconstruction du pays», affirme Gauthier Daugimont, ingénieur civil et membre du comité. Les travaux de l'école primaire débuteront en juin 2006 pour qu'elle puisse s'ouvrir en septembre de la même année. Par la suite d'autres infrastructures prendront forme: internat, écoles secondaire et professionnelle. «Le but est qu'à terme le village puisse s'autofinancer. Seront ainsi établis une ferme agropastorale, un centre communautaire, des éoliennes et un centre de santé», note encore Luc.

Web http://www.projet-burundi.be

© La Libre Belgique 2006