Souvenez-vous, c'était il y a quelques mois (LLB 30/3), Luc Torrini, jeune professeur de religion protestante, nous faisait part de son fabuleux projet de créer un village, «Imuhira» («à la maison» en kirundi), au Burundi, dans la province de Muramvya, au nord-est de Bujumbura.

«La première échéance de notre projet était le mois de juin, pour lancer les travaux de l'école primaire, à la demande du gouverneur de Muramvya. De fait, le Burundi souffre cruellement d'un déficit d'infrastructures scolaires», raconte Luc.

Certes, si Luc s'est entouré d'un petit comité qui travaille avec l'intermédiaire du Service d'Entraide et de Liaison (Sel), «notre projet prend forme grâce aux dons et à notre force de croire qu'il tient la route et répondra aux besoins des Burundais». «Néanmoins, l'ASBL Sel est en passe d'être reconnue ONG. Une première étape a été franchie: nos donateurs bénéficient désormais de l'exonération fiscale», complète Pierre-Etienne Labeau, chargé de cours à l'ULB, et acteur du projet.

David Van Assche, architecte et membre du comité, est parti au Burundi, en juin, afin de définir l'implantation des différents bâtiments. «Nous avons lancé un appel d'offres sur place. Et en juillet, nous avons désigné un entrepreneur de Bujumbura. L'idée étant de ne pas débarquer avec nos conceptions occidentales et d'imposer un produit fini, mais d'intégrer la population locale au projet», précise-t-il.

Le président du Burundi est même venu en personne prêter main forte aux ouvriers. «Nous avons tous cette sorte de naïveté, cette innocence, de croire en un projet communautaire, et je pense que c'est aussi cela qui fait que notre projet est soutenu par les autorités burundaises», commente Luc. Car, brisée par une guerre meurtrière interethnique dans les années 90, la population burundaise vit repliée sur elle-même et est très individualiste. «Notre projet vise à recréer un tissu social communautaire et solidaire», ajoute Luc.

L'école primaire sera officiellement inaugurée début novembre et pourra accueillir 600 enfants âgés de 6 à 12 ans, répartis en six classes. «Quand on est là-bas, on sent une pauvreté qui déshumanise la population et la tire vers le bas. Notre objectif est donc d'implanter un système soigné qui va tirer la population vers le haut et l'aider à poursuivre l'excellence», soutient-il. Car la finalité du projet est bien d'en faire une école pilote: offrir une éducation holistique et redynamiser l'enseignement afin de reproduire d'autres structures de ce type dans la province.

Enfin, outre l'école primaire, Luc et ses amis ont déjà le coeur à l'ouvrage pour instaurer d'autres structures dans le village dont la construction s'échelonnera «en fonction des besoins», précise Luc: un centre de santé, une salle polyvalente, une salle de lecture, des terrains de sport, une cantine...

Mais ce projet n'aurait pu devenir réalité sans la précieuse aide de la quarantaine de jeunes enthousiastes du «Groupe chrétiens pour jeunes de tous horizons» (Ujeb), dont Luc s'occupe. Grâce aux concerts «Life for America» qu'ils avaient organisés en avril dernier, ils avaient pu récolter quelque 3 000 €. Une opération qu'ils réitèrent ces 30 septembre à 20h et 1 éme r octobre à 15h, à la Salle Lumen, chaussée de Boondael, 32 à 1050 Ixelles. Au menu: des chansons qui reflètent l'essence du projet et des échanges multiculturels avec la participation de chanteurs burundais. «Ces jeunes sont véritablement le moteur du projet. Il est d'ailleurs prévu que nous les emmenions au Burundi», assure Luc.

PAF: étudiants 10 € et adultes 15 €.

Infos et réservations: Web www.projet-burundi.be.

© La Libre Belgique 2006