C’ est avec une certaine émotion que nous repensons au projet et à ses débuts. Nous nous sommes quand même bien emballés mais au bout du compte, ce n’était pas du vent !", s’exclame Luc Torrini. En 2005, au retour d’un séjour au Burundi, pays de l’Afrique des Grands Lacs ravagé par une guerre interethnique, ce jeune homme alors professeur de religion protestante décide de lancer un projet de développement communautaire et d’aide à l’enfance dans la province de Muramvya, à 70 km de Bujumbura, capitale du Burundi.

Six ans plus tard, le "Village Imuhira" (NdlR : "à la maison" en kirundi) comprend une école primaire, une cantine, neuf centres d’alphabétisation, une antenne psycho-médicale, un centre de métiers en menuiserie, des ruches "Chaque jour, l’école accueille 600 élèves. En outre, nous essayons de soutenir le personnel pédagogique afin de leur donner des outils didactiques pour augmenter le taux de réussite des enfants. Nous avons vraiment le souci d’être une école-pilote. Nous avons d’ailleurs dispensé plusieurs formations dans l’école à destination de 120 enseignants de la région", explique Luc Torrini, directeur de l’ASBL Service d’entraide et de liaison (SEL).

Tous les jours, les enfants reçoivent un repas à la cantine du village. "Il s’agit plus précisément d’un complément nutritionnel car la malnutrition est généralisée dans cette région d’Afrique. On constate que les enfants sont plus attentifs en classe et qu’il y a moins d’absentéisme et d’abandons", note Luc Torrini. Car, depuis six ans, le fil rouge du projet est de "valoriser la population locale dans ses capacités afin qu’elle puisse prendre son destin en mains, insiste le directeur du SEL. Mais ce n’est pas simple, admet-il, car les gens ont une démarche d’attente ; ils pensent que l’on va tout résoudre pour eux. Mais les mentalités changent peu à peu".

Voilà aussi pourquoi "nous essayons de créer des activités génératrices de revenus qui vont, à terme, permettre au projet de s’autofinancer", poursuit-il, via notamment un programme agropastoral et apicole. Depuis deux ans a ainsi été créée une école technique, dotée d’une section "menuiserie" où sont formés chaque année 20 jeunes Burundais et où est produit du matériel, du mobilier, etc. "Nous allons entamer la construction de trois blocs supplémentaires pour y donner les cours théoriques, annonce Luc Torrini. Et en septembre 2012, nous comptons ouvrir une 2e section, en maçonnerie".

"Si le projet grandit, les besoins financiers aussi." Outre les dons réguliers et ponctuels que reçoit l’ASBL pour financer le "Village Imuhira", un concert de soutien sera organisé le dimanche 18 décembre à 18h au Centre culturel d’Auderghem (1). On y retrouvera sur scène le groupe Shine a ligtht ainsi que des jeunes du Groupe chrétien pour jeunes de tous horizons (Ujeb-Bruxelles), fidèles au projet depuis ses balbutiements. "Le but est de toucher le cœur des gens car il faut qu’il y ait quelque chose en chacun de nous qui se réveille de façon à ce que l’on soit tous quelque part sur le champ de bataille", conclut Luc Torrini.

(1) Concert "Life for Africa", le 18/12 à 18h au Centre culturel d’Auderghem. Paf : 15 euros. Res. au 0477.47.89.63. ou au 0485.02.77.21. (entre 17 h et 21 h).

Infos sur www.villageimuhira.be