L’Ordre des barreaux francophones et germanophone a fait sa rentrée à Molenbeek ce dimanche.

C’est la première fois que l’Ordre des barreaux francophones et germanophone fait sa rencontre de rentrée à Bruxelles. Il me semblait important de pouvoir organiser cela, et encore plus de choisir la commune de Molenbeek". Avocat et président de l’Ordre des barreaux francophones et germanophone (Avocats.be), Maître Jean-Pierre Buyle avait donné rendez-vous à ses confrères les bâtonniers à la maison communale de Molenbeek ce dimanche pour une visite de la commune. L’objectif était de célébrer la nouvelle année, mais aussi de mieux connaître ces quartiers.

Des difficultés mais de la solidarité

"Cela va même plus loin, poursuit Jean-Pierre Buyle. Cette rencontre se veut une rencontre symbolique et fraternelle entre nous, les avocats qui sommes si attachés aux libertés individuelles, et une commune qui a pu traverser l’épreuve de l’insulte publique dans le sillage des attentats, pour aujourd’hui renaître et faire preuve d’une véritable liberté. Je vois en effet à Molenbeek de nombreuses initiatives citoyennes et publiques qui prouvent que la commune est en train de renaître. Elle a répondu avec dignité à ce qui lui est arrivé. Le Molenbeek de demain ne sera plus le Molenbeek d’hier, et je voulais le souligner par notre visite."

Archiviste de Molenbeek, mais aussi conservateur du musée communal qui ouvrira le 15 décembre prochain, Sven Steffens salue cette initiative. "La stigmatisation qu’a subie la commune a été difficile à vivre pour ses habitants. C’est important que l’on se tourne vers Molenbeek de manière bienveillante."

Pour autant, Sven Steffens souligne que l’épreuve que traverse la commune "n’est pas terminée". "J’espère que la réaction sereine que les habitants ont eue face au départ de jeunes vers le djihad, et face au matraquage médiatique qui a suivi les attentats marquera un tournant dans l’histoire de la commune. Je l’espère mais je ne peux encore le dire. Cela fait 30 ans que Molenbeek est pointée du doigt pour de la délinquance. Aujourd’hui, j’observe aussi de nombreuses initiatives. Mais il faudra être patient. Les fragilités socio-économiques sont une des causes les plus importantes qui expliquent les difficultés. Les initiatives de la société civile et des pouvoirs publics sont très positives, mais elles ne pourront résoudre le chômage en une fois."

La bourgmestre, Françoise Schepmans (MR), ne nie pas non plus les difficultés. Mais dimanche, elle recevait avec contentement les espérances de l’Ordre des barreaux. "Un des atouts de Molenbeek, c’est la solidarité entre ses habitants que j’ai ressentie ces deux dernières années", acquiesça-t-elle.

Dans la salle du Collège où se sont réunis les avocats, trône le portrait de Sander Pierron, un enfant de la localité devenu écrivain et critique d’art. A sa mort en 1945, il légua une importante collection d’œuvres à sa commune. Jean-Pierre Buyle demeure persuadé que Sander Pierron ne sera pas le dernier molenbeekois à apporter ses talents à sa commune. Et il tient à le souligner publiquement. "Les derniers mois ont prouvé que le secret de Molenbeek, c’est son pouvoir de résistance et l’initiative de ses habitants."