Pour des raisons de sécurité, les avions sont alors forcés d’atterrir face au vent et donc sur les pistes 07, gênant les communes du nord de Bruxelles.

Chasse aux œufs, barbecue, petit verre en terrasse : le soleil a permis aux Bruxellois de profiter de ce long week-end pascal comme il se doit. Ou presque. Dans le nord de la capitale, le retour du beau temps rime avec survol des avions. "C’est toujours quand arrive le week-end et qu’on a l’occasion de sortir dans son jardin", se plaint cette Jettoise sur Facebook. "Ganshoren, cette petite commune verte où il faisait bon vivre n’est plus vivable de 7 h à 20 h", renchérit un autre riverain. Claire Vandevivere (CDH), échevine jettoise de l’Environnement, confirme : "Il y a dix ans, Jette, Ganshoren ou Berchem étaient des communes tranquilles. Aujourd’hui, quand il fait beau, on doit supporter le passage des avions toutes les deux minutes toute la journée. C’est infernal, ça rend les gens fous."

Face aux plaintes des citoyens, les instances communales n’ont que peu de marges de manœuvre, le dossier du survol de Bruxelles étant une compétence de la Région et du fédéral. Ce vendredi, l’échevine et son bourgmestre, Hervé Doyen (CDH), ont donc envoyé une lettre à François Bellot (MR), ministre fédéral de la Mobilité pour lui faire part de la situation.

Également interpellé , le médiateur aérien du gouvernement fédéral explique ce survol intempestif par un vent d’est. Pour des raisons de sécurité, les avions sont alors forcés d’atterrir face au vent et donc sur les pistes 07, gênant les communes du nord de Bruxelles. Une explication qui ne convainc pas l’échevine. "En dix ans, on est passé de 100 à 1 000 avions. Avec un tel changement, on ne peut pas nous vendre que c’est le vent qui explique la situation. Elle résulte selon moi d’une volonté politique de ne pas régler la question du survol sur le long terme et de soulager les autres pistes au détriment des habitants du nord de Bruxelles." Pour preuve, Claire Vandevivere pointe notamment les premiers résultats d’un rapport d’incidence commandité par la Région et réalisé par un bureau français. Très critique, il constate que les instructions aériennes ont été modifiées à partir de février 2014 pour élargir les possibilités d’atterrissage sur la piste 07. "Cette modification s’inscrit dans le contexte plus large de tentatives de transfert d’atterrissages de la piste 01 vers la piste 07."

Pour Philippe Touwaide, directeur du service de médiation du gouvernement fédéral pour l'aéroport de Bruxelles-National, les conclusions de ce rapport sont d'ordre politique et ne correspondent pas à la réalité du terrain : "Si les pistes 07 ont du être utilisées ce n'est pas pour transférer des atterrissages de la 01 vers la 07, mais parce que le vent de secteur Est donnait du vent arrière sur les pistes 25 et du vent latéral sur les pistes 01 et 19. C'est donc pour des raisons de sécurité qu'on a du atterrir et décoller en pistes 07 au cours des derniers jours. Dimanche par exemple, on a changé sept fois de schéma d'utilisation des pistes en 24 heures à cause du vent et de son orientation."