La commune profite largement des retombées économiques.

Le mensonge de la Flandre sur la réalité du survol aérien de Bruxelles a suscité de nombreuses réactions ce vendredi. Le bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre Benoît Cerexhe (CDH) a ainsi fait part de sa colère : "Jusqu’ici, la réalité, c’était que l’Oostrand était la poubelle du ciel et que tous ceux qui profitent des avantages économiques de l’aéroport et du confort de l’aviation en général sans en subir les nuisances s’en moquent. Avec cette action du Noordrand, on atteint aujourd’hui le paroxysme du cynisme dans ce dossier". Tandis que le jeune député Julien De Patoul interpellait le ministre bruxellois en charge du dossier Alain Maron hier matin en séance plénière du Parlement bruxellois. Ce dernier ne souhaitait d’ailleurs toujours pas réagir hier en fin de journée.

Cela fait longtemps que Benoît Cerexhe dénonce le double jeu de certaines communes du Noordrand, qui tirent un bénéfice économique substantiel de l’activité aéroportuaire sans pour autant en subir autant de nuisances que certaines communes bruxelloises.

S’il en est une qui en tire un profit maximum, c’est justement la commune de Zaventem, cosignataire de la plainte contre l’État fédéral. Dans le compte rendu d’un conseil communal datant de 2015 que nos confrères de La DH ont été retrouver, l’échevin local en charge des Finances de l’époque déclarait en effet "que les revenus totaux liés à l’activité de l’aéroport représentent environ 20 % du total des recettes de la commune (soit 1/5e tout de même, NdlR)". "Ceci ne prend pas en compte les revenus indirects de l’impôt foncier et de l’impôt sur le revenu des résidents qui sont venus s’installer à Zaventem pour des raisons d’emploi", poursuivait l’échevin.

La situation a depuis largement évolué

Les perspectives économiques de l’aéroport s’annonçaient déjà au beau fixe fin 2016, lorsque le CEO présentait la vision stratégique 2040 de l’aéroport : "Le nombre d’emplois directs et indirects liés à l’aéroport pourrait ainsi passer de 60 000 aujourd’hui (fin 2016, NdlR) à 75 000 en 2020, 85 000 en 2025 et même 120 000 à l’horizon 2040", dixit le patron de l’aéroport Arnaud Feist. Soit autant de retombées financières dans les caisses de la commune.

Mais qu’est-ce qui rapporte autant d’argent ? L’échevin de l’époque avait fait le compte : 2,5 millions d’euros de taxe foncière payée par Interparking, plus de 500 000 euros de taxe relative aux parkings de l’aéroport, 1,7 million d’euros de taxe de séjour liée à la fréquentation des hôtels situés sur le territoire de la commune, 4 millions d’euros pour la taxe sur les parkings, 370 000 euros de taxe sur la force motrice et 160 000 euros pour les permis de taxi… Soit près de 10 millions d’euros par an !

Le village de Zaventem est pourtant le territoire le moins survolé par l’aéroport national (voir infographie). L’an dernier, ses habitants ont vu passer 860 avions au-dessus de leurs têtes, si l’on en croit les données d’AirportMediation.