Dans la foulée de la Journée internationale de la femme le 8 mars dernier, le secrétaire d’Etat bruxellois à l’Urbanisme Emir Kir (PS) a lancé le programme "L’architecture au féminin".

Pourquoi ? "Nous sommes partis du constat que le concept de projet de ville a été essentiellement conçu par des hommes pour l’ensemble de la société", déclare Emir Kir. Or, "aujourd’hui, les femmes ne se retrouvent pas suffisamment dans les processus décisionnels et opérationnels. Conséquences ? Les empreintes que laissent les femmes de manière visible dans la société sont rares". Par ailleurs, s’interroge le secrétaire d’Etat, la ville répond-elle réellement aux besoins de toute la population, en ce compris les femmes ? Car "des femmes se plaignent d’un certain nombre de parcours qu’elles ne peuvent emprunter à certaines heures de la journée, les toilettes publiques font défaut aux abords des stations de métro ou des gares ", relève-t-il.

Afin de répondre à ces questions, Emir Kir a confié à la Fondation pour l’architecture (Civa) la mission d’élaborer un programme mettant à l’honneur le rôle des femmes dans l’architecture dans la ville. "Les femmes représentent plus de la moitié de la population. Il est donc essentiel d’entendre leur opinion et leur sensibilité", défend-il. Le programme "L’architecture au féminin" se déclinera en diverses activités jusque fin décembre 2011.

Sera ainsi organisée au Civa le 22 mars prochain une table ronde réunissant des femmes architectes, des entrepreneurs, des urbanistes et des sociologues. Objectif ? Débattre de différentes questions telles que "Comment les femmes vivent-elles leur relation au logement, à la ville, à l’espace ?", "Quel est leur rôle dans les bureaux d’architecture ?", "Les projets qui leur sont confiés sont-ils sexués ?" ou encore "Pourquoi la profession se féminise-t-elle si lentement ?" "Cette table ronde va permettre de s’interroger sur la présence de la femme dans la conception même de la ville, que ce soit en tant qu’architecte, ingénieur ", commente Emir Kir.

La Fondation pour l’architecture accueille jusqu’au 30 avril l’exposition "La villa de Mademoiselle B", ouvrant la réflexion sur l’espace domestique. Pour ce faire, carte blanche a été laissée à dix femmes architectes pour créer chacune une pièce à l’intérieur d’une grande villa-maquette découpée en neuf tranches

Du 24 mai au 28 août, l’Architecture Museum La Loge mettra à l’honneur le travail d’Anna Heringer, jeune architecte allemande, et notamment son projet d’école "fait main" au Bangladesh.

Un peu plus tard, du 18 octobre au 31 décembre 2011 seront exposés, toujours à l’Architecture Museum La Loge, vingt portraits de femmes bruxelloises en lien avec le monde de l’architecture et de la construction. "Ces femmes sont architecte, juriste, chef de chantier, décoratrice d’intérieur L’idée est de valoriser ces femmes qui contribuent déjà aujourd’hui à l’essor de la région bruxelloise", détaille le secrétaire d’Etat.

En parallèle sera projeté un film-vidéo réalisé à partir d’interviews-témoignages de femmes dans la rue sur leur conception de la ville et du rôle de la femme architecte. "A partir de ces enseignements, il s’agira pour le gouvernement bruxellois de les traduire en mesure concrètes", annonce Emir Kir.

Avec ce programme, le secrétaire d’Etat vise avant tout à "croiser les politiques d’émancipation des femmes, de la promotion des femmes dans tous les milieux et de l’égalité hommes-femmes avec la politique de l’urbanisme, qui doit se féminiser". Car "il faut retrouver dans tous les secteurs de la vie le même pourcentage de femmes que celui que l’on retrouve dans la société en général".

Fondation pour l’architecture (Civa), 55, rue de l’Ermitage à 1050 Bruxelles. Infos au 02.642.24.80. ou sur fondationpourlarchitecture.be

Architecture Museum La Loge, 86, rue de l’Ermitage à 1050 Bruxelles. Infos au 02.642.24.62. ou sur www.aam.be