L’école Saint-Pierre est une petite école fondamentale installée au cœur de Cureghem. Sa population y est à l’image de son environnement direct qui n’échappe pas à la précarité sociale de ce qu’on appelle la zone du canal. Cela n’empêche pas les responsables de l’école de tout mettre en œuvre pour aider les jeunes de familles essentiellement d’origine étrangère et qui ne pratiquent pas très bien le français à s’émanciper progressivement de ces conditions. Notamment en les armant sur le plan de l’éducation mais aussi de l’initiation à la culture.

C’est en tout cas l’objectif poursuivi sur place depuis 2006 par l’ASBL bruxelloise "Musique espérance Belgique francophone". Depuis 2006, sous l’enseigne d’Envol, elle y met sur pied des ateliers musicaux et d’expression orale.

Une action de fond qui n’a pas échappé au Fonds Van Quickenborne qui, géré par la Fondation roi Baudouin, soutient des projets qui aident au développement de personnes vivant dans des conditions difficiles. Il vient en effet de lui décerner le prix Jeanne Van Quickenborne, d’un montant de 7 000 euros.

Pilotés par des artistes professionnels

Il faut dire que le jeu en vaut la chandelle : grâce à Envol, chaque année des enfants sortent de l’école mieux armés pour la vie… Concrètement, on y organise des ateliers interactifs de musique, de séances de conte, de lecture, d’écriture de textes, d’interprétation théâtrale qui sont pris en charge par des artistes professionnels (musiciens, comédiens, conteuse…). Puis en fin d’année, tous ces efforts sont concrétisés dans un grand spectacle auquel sont conviées les familles. Les séances et les ateliers occupent 2 heures de classe par semaine et font partie intégrante du projet pédagogique de l’école. Actuellement, près de 140 élèves, de la première maternelle à la sixième primaire, sont impliqués.

"Nous faisons en sorte que tous participent", commente Waldia Alegria-Justet, la cheville ouvrière de l’ASBL et du projet. "Nous ne sélectionnons pas les meilleurs. D’autant que, nous le voyons depuis le début, ces enfants sont aussi des artistes, qui révèlent leurs talents à des artistes professionnels."

Et d’ajouter que "le succès de ce projet unique, c’est l’enthousiasme des enfants, leur participation, leur créativité. Cela nous touche de les voir grandir socialement. Nous avons l’impression de glisser quelques petites pépites dans leurs poches. Nous sommes sûrs qu’elles en ressortiront".

Un des buts du projet est aussi d’aider les enfants à prendre conscience de leurs capacités tout en leur donnant des valeurs et en les aidant à être plus humains, plus créateurs.

Mieux, l’amélioration générale des résultats scolaires confirme que le projet joue un rôle pédagogique. Car les enfants qui sortent de Saint-Pierre font souvent de meilleurs choix d’études, secondaires et même supérieures. "C’était un des objectifs du projet, à travers une meilleure maîtrise du français parlé et écrit, l’épanouissement et la socialisation des enfants, l’élargissement des relations entre les parents et l’école"

En 2015, le prix Van Quickenborne était allé à l’ASBL Mentor-Escale. Celle-ci accompagne les mineurs étrangers non accompagnés (Mena) et les jeunes réfugiés dans leur parcours vers l’autonomie, le bien-être et l’intégration…