Les autorités cubaines sont en train de mener un vaste programme de rénovation patrimoniale dans le vieux La Havane, une pépite de l’architecture coloniale inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco de longue date. Certaines de ces rénovations sont soutenues financièrement par l’Union européenne. Ce fut le cas pour le Palacio Segundo Cabo, bâti par un ingénieur militaire cubain à la fin du XVIIIe siècle et aujourd’hui pratiquement terminé. Il reste à concrétiser la vocation muséale qui est désormais la sienne : informer le public sur les liens historiques et culturels complexes qu’entretiennent Cuba et l’Europe.

Dans ce contexte, la possible arrivée d’une exposition consacrée à l’Art nouveau chère à Bruxelles était accueillie avec un certain enthousiasme. En mission économique à La Havane, la secrétaire d’Etat bruxelloise Cécile Jodogne (FDF) a pu confirmer mardi cette future collaboration culturelle. "Art nouveau et écologie" est une exposition itinérante consacrée à la place de la nature dans l’ornementation de ce style particulièrement présent à Bruxelles. Installée à Glasgow jusque fin de l’année, elle est portée par le Réseau Art nouveau qui associe 14 villes dont La Havane est le seul membre non-européen.

Une vitrine culturelle

Dans la plus grande île des Antilles, l’Art nouveau est plus présent dans l’art décoratif que dans l’architecture mais les autorités européennes se montrent néanmoins particulièrement intéressées par le sujet. Concrètement, la Région bruxelloise devrait soutenir financièrement l’exposition pendant deux ans dans une des belles salles du Palacio Segundo Cabo. Le ministre en charge de l’image de Bruxelles, Guy Vanhengel (Open VLD), a accepté de consacrer un budget de 20 000 euros pour soutenir cette petite vitrine culturelle pour Bruxelles en plein cœur du centre historique - et donc touristique - de La Havane.

Dans le même esprit, Cécile Jodogne et Cuba ont réactivé un protocole d’accord signé en son temps par Charles Picqué entre la Région bruxelloise et La Havane. Il porte notamment sur une collaboration culturelle que la Direction bruxelloise des Monuments et sites appelle de ses vœux, souligne la secrétaire d’Etat. "Bruxelles a développé une grande expertise en matière de rénovation patrimoniale, elle pourrait s’avérer précieuse dans le cadre de la politique cubaine en la matière", justifie Cécile Jodogne. Rappelons que les joyaux du centre de La Havane sont bien souvent réduits à l’Etat de ruine compte tenu du manque de ressources dont souffre Cuba depuis plus d’un demi-siècle.M. Co.