Bruxelles

Après Horta et Hankar, Jean-Baptiste Dewin est certainement l'architecte le plus original en matière d'art nouveau. Spécialisé dans l'architecture médicale, il est l'un des premiers à avoir exploré la relation entre la mise en oeuvre d'un édifice et l'impact psychologique sur l'accueil. Tout dans ses choix visait le bien-être du patient. Des matériaux à la décoration raffinée, en passant par les motifs animaliers humoristiques ou encore la qualité de la lumière. Une sorte de démarche fonctionnaliste avant l'heure. Pourquoi pas précurseur du feng-shui.

Avant d'avoir couronné sa carrière de succès par la construction du nouvel hôpital Saint-Pierre ainsi que la maison communale de Forest, Dewin construisait de nombreuses habitations bourgeoises. Et ce sont deux d'entre elles qu'Emir Kir (PS), secrétaire d'Etat en charge des Monuments et Sites, a décidé de classer partiellement. Il s'agit d'une part, du n°68 à 70 de l'avenue de Tervuren. Il s'agit de l'ancien institut pour le traitement des maladies des yeux, aujourd'hui occupé par une mutualité. D'autre part, le 151 de l'avenue Molière, maison personnelle de l'architecte. Les façades et toitures sont dorénavant protégées. La maison de l'avenue Molière bénéficie quant à elle d'un classement plus extensif avec le hall d'entrée, la cage d'escalier ainsi que les planchers, plafonds, murs et menuiseries.

Pour le bien-être des gens

"Je suis particulièrement heureux de pouvoir mettre en valeur aujourd'hui l'oeuvre de Jean-Baptiste Dewin", indique Emir Kir. "Non seulement, il fait partie des architectes de la seconde génération Art Nouveau, mais surtout, il s'agit d'un homme qui a dédié tout son savoir-faire au bien-être des gens." Depuis le début de son mandat en 2003, Emir Kir a déjà eu l'occasion d'effectuer 73 classements. Il soutient également le financement de nombreuses restaurations. Pour l'échevin, ces actions participent au rayonnement des quartiers.

(st.)