Quinze chambre de cet hôtel deux étoiles ont été mises à disposition des SDF pour leur permettre de se confiner.

Depuis samedi dernier, quinze personnes sans-abri sont hébergées au sein d’un hôtel deux étoiles situé dans la commune d’Etterbeek afin de leur permettre, à eux aussi, de se confiner.


"Le bourgmestre Vincent De Wolf m’a contacté pour réquisitionner mon établissement. Mon équipe est au chômage technique et j’ai immédiatement accepté de mettre mes chambres à disposition de ce public précarisé. J’ai dès lors rappelé mes employés pour qu’ils reviennent travailler", explique Med Boujeddada, gérant de l’établissement.

Concrètement, quinze chambres ont été mises à disposition de ce public précarisé. Chaque chambre dispose d’une salle de bain privative, de la télévision et d’internet. Deux repas chauds sont servis tous les jours, midi et soir, par le personnel du CPAS, et les sans-abri peuvent également se réchauffer autour d'un café disponible à volonté. Ils doivent obligatoirement rester confiner dans leur chambre et n'ont pas accès aux communs. Les SDF doivent rentrer un par an dans l'établissement afin de limiter au maximum les contacts. Des gardiens de la paix assurent le maintien de la sécurité de jour, tandis qu'une équipe de gardiennage s'occupe de la surveillance de nuit.

Côté sanitaire, la Croix-Rouge a demandé a pouvoir disposer d'une chambre pour effectuer d'éventuels soins quand cela est nécessaire. Les SDF doivent tous obligatoirement porter un masque et se laver les mains avant de pénétrer dans l'établissement.

"Nous sommes dans une période où chacun doit faire un effort. Ces personnes ne peuvent pas rester dans la rue, elles doivent elles aussi se confiner et c’est dans l’intérêt de chacun que tout le monde puisse trouver un logement durable durant la période de confinement", poursuit Med Boujeddada.

Jusqu’à présent, le comportement des sans-abri est jugé "irréprochable". "Humainement, c’est très fort ce qui se passe. Tout le monde peut se retrouver à la rue du jour au lendemain, cela n'arrive pas qu'aux autres. J’avais évidemment un peu d’appréhension à l’idée d’accueillir des SDF car certains souffrent de troubles mentaux ou de problèmes d’alcoolisme et de drogue, mais ils sont très respectueux. Plusieurs de mes invités rangent leur chambre par eux-même alors qu’il y a une femme de ménage à disposition", sourit-il.

De son côté, le bourgmestre Vincent De Wolf tient à saluer l’attitude du gérant de l’hôtel. "Il a accepté ma requête sans broncher et s’est directement rendu à l’hôtel afin de rétablir le chauffage. J’ai précisé dans l’arrêté que la commune allait payer les chambres au tarif normal. Nous indemniserons tout préjudice, et procèderont à la désinfection des chambres lorsque la situation sera revenue à la normale", conclut l’édile. "J'ai également accepté que les quatre chambres totalement remises à neuf ne soient pas réquisitionnées par respect pour le patron, afin d'éviter tout dégât alors que la chambre n'a encore jamais été utilisée."